samedi, 09 août 2008

Interview d'un des auteurs du putsch en Mauritanie

Mohamed Ould Abdelaziz, l'un des principaux auteurs du coup d'état récemment survenu en Mauritanie évoque dans une  interview les raisons qui ont poussé, selon lui, à ce putsch. Il en ressort qu'ils, lui et les autres auteurs, se présentent comme des sauveurs de la démocratie et de l'état de droit dans ce pays... Le coup d'état comme nouvel instrument de promotion et de protection de la démocratie, de la stabilité politique et de l'état de droit... Si dans le principe cette conception est contradictoire, dans certains contextes on en arriverait presque à se demander si cela ne mériterait pas d'être creusé...

Lire un extrait de l'interview accordé par le Général Mohamed ould Abdel Aziz, chef de la junte, au magazine Jeune Afrique

Lire l'interview accordé à RFI par le Général Mohamed ould Abdel Aziz, chef de la junte

vendredi, 08 août 2008

Le Darfour est-il trahi par la communauté internationale?

Au cours de ces derniers jours qui ont notamment coïncidé avec le premier anniversaire de la Résolution 1769 du Conseil de Sécurité de l'ONU autorisant le déploiement de la Mission conjointe ONU-UA au Darfour (UNAMID) et le renouvellement de son mandat pour une année supplémentaire, avec la volonté du Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) de poursuivre le Président Soudanais, Omar El-Bashir, pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, et dans la perspective du début, aujourd'hui 8 août, des Jeux Olympiques de Pékin (Chine) avec la volonté de profiter du fait que le pays organisateur, réputé être l'un des principaux soutien du Soudan, au sein du Conseil de sécurité de l'ONU notamment, soit au centre de l'actualité mondiale, le Darfour est revenue en première place sur l'agenda international.

La mobilisation internationale que le drame humanitaire qui se déroule au Darfour depuis 2003, avec la création de coalitions, d'organisations et de mouvements citoyens dans plusieurs pays du monde*, l'organisation de campagnes de sensibilisation qui ont vu l'implication de 34651a287bcc6c68c18741c7e7f7501f.jpgstars internationales, de nombreuses initiatives diplomatiques avec notamment la tenue de conférences et rencontres internationales (en France et en Libye notamment) et la nomination de deux médiateurs conjoints, l'un pour le compte de l'ONU, Jan Eliasson, et l'autre pour celui de l'Union Africaine (UA), Salim  Ahmed Salim, à qui s'est récemment joint Djibril Yipènè Bassolé, en qualité de médiateur conjoint ONU-UA, et l'établissement de la Mission conjointe, ONU-UA, de maintien de la paix au Darfour, l'UNAMID, attestait semble-t-il d'un engagement sèrieux et durable de la communauté internationale.

Ainsi, l'UNAMID, après de nombreuses difficultés (principalement techniques et politiques), causées notamment par les obstacles posés par les autorités Soudanaises et la nécessité de marchander sur les termes et les conditions de son établissement, a pris le relai de la Mission de l'UA au Soudan (AMIS) en janvier de cette année. Toutefois, il était clair dès le début qu'à elle seule, l'établissement de cette mission de maintien de la paix ne pouvait 14d8f538eff7ce35024bc114a3199905.jpg stabiliser la situation et qu'une solution politique entre les différents protagonistes devant passer par des négociations de paix inclusives étaient plus que nécessaire; domaine dans lequel peu d'avancées sont à noter jusqu'à présent.

Pour en revenir à l'UNAMID, il semble que sa mise en oeuvre traîne le pas, rendant la situation sur le terrain, et pour la force et pour les populations qu'elle est supposée protéger, encore plus incertaine et précaire. L'UNAMID n'en est qu'à environ 40% de son déploiement avec, sur les 26.000 soldats, policiers et personnels qui sont sensés la constituer, moins de 10.000 actuellement sur le terrain. Aussi, la force ne semble pas disposer des équipements de transports devant lui assurer tout le soutien logistique et la mobilité nécessaires. C'est notamment le cas de camions pour transporter le matériel de la force de Port Soudan (sur les bords de la Mer Rouge, à l'Est du soudan) à la région du Darfour (à l'Ouest du Soudan), d'ingénieurs et d'unités logistiques spécialisées.

Ainsi, alors que l'UNAMID manque encore de moyens aériens et notamment d'hélicoptères (18 hélicoptères de transport et 4 hélicoptères tactiques) et que les principaux pays qui pourraient en mettre à la disposition de la force semblent pour le moment traîné les pieds, affirmant notamment pour certains ne pas en disposer ou alors pour des raisons politiques que le rapport d'une coalition d'ONGs récemment publié et intitulé Grounded. The International Community’s Betrayal of UNAMID évoque en mettant en lumière ce qui peut s'assimiler à un manque de volonté politique de la part de la communauté internationale et plus particulièrement de certains de ses membres. Le rapport procède ainsi à un état des lieux de la disponibilité en hélicoptères des pays de l'OTAN (organisation qui a déjà dans le passé apporté un soutien logistique dans le cadre du déploiement des troupes de l'AMIS et une assistance technique par le biais de formations apportées à certains personnels de cette mission) et des principaux pays bb91351878cef371e10c9e83f7f4736d.jpgcontributeurs en troupes et matériels de l'ONU.

On apprend ainsi qu'à la différence de la Belgique, du Canada, de l'Estonie, de l'Islande et du Luxembourg qui ne disposent actuellement pas d'hélicoptères répondant aux besoins et spécificités techniques exprimés par l'ONU (en termes de capacité d'emport et de champ d'action), et de l'Allemagne, de la Norvège, et du Royaume Uni qui ne disposent pas du tout d'appareils en surplus, la Bulgarie,  le Danemark, l'Espagne, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Inde, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas, le Pakistan, la Pologne, le Portugal, la République Tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Turquie possèdent bien des appareils qui pourraient être mis à la disposition de l'UNAMID. Et de conclure qu'actuellement l'Espagne, l'Inde, l'Italie, la République Tchèque, la Roumanie et l'Ukraine étaient en position de fournir a priori quatre fois le nombre des hélicoptères nécessaires à l'UNAMID.

Dans le même ordre d'idées, dans un rapport publié le 28 juillet dernier et intitulé Putting People First: The Protection Challenge Facing UNAMID in Darfur, la coalition d'ONGs Darfur Consortium revient sur ce qu'elle assimile a une faillite des leaders mondiaux à tenir les promesses et engagements pris vis-à-vis des populations du Darfour à travers l'établissement de l'UNAMID. Pour se faire, elle évalue l'efficacité de la force UNAMID au cours des six mois qui ont suivi son déploiement en donnant la parole à des Darfouris, experts et travailleurs humanitaires. Il en ressort de son travail un constat déjà évoqué et connu de tous: une force sous-équipée, mal formée, manquant de personnel, avec pour résultat le fait que beaucoup de Darfouris ne se sentent pas plus en sécurité qu'avant l'arrivée de la force.

Cela étant dit, il faut toutefois souligner que si la force de l'UNAMID peut jouer un rôle certain dans la stabilisation et la sécurisation du Darfour, la paix dans cette région ne proviendra pas de l'extérieur et encore moins de la constitution de la meilleure force de maintien de la paix, fut-elle dotée des meilleurs soldats et équipements; ceux-ci ne sauraient être que des moyens et facilitateurs pour y parvenir; c'est là d'ailleurs, faut-il le rappeler, la logique sous-tendant les opérations de paix. Le règlement de la crise du Darfour ne proviendra que de la volonté des différentes parties de réellement vouloir arriver à un règlement négocié; volonté qu'on a de la peine à percevoir et à identifier de part et d'autre de l'échiquier Soudanais.

* Americans Against Darfur Genocide, Collectif Urgence Darfour, Darfur Action Group of South Carolina, Darfur Australia Network, Darfur Call, Darfur Hilfe e.V., Darfur Relief and Documentation Centre, Darfur Union, ENOUGH Project, Italians for Darfur, Japanese for Darfur, Olympic Dream for Darfur, San Francisco Bay Area Darfur Coalition, Save Darfur Coalition, Save Darfur Canada, Sudan Advocacy Action Forum, Team Darfur, etc.

Crédit images: Site de l'UNAMID

mercredi, 06 août 2008

La faillite du "modèle Mauritanien"?

Une fois de plus, et cela pour la troisième fois de son histoire, les militaires ont fait éruption sur la scène politique mauritanienne, donnant raison et du grain à moudre aux sceptiques et à ceux qui nourrissent des doutes quant à la pérennité des avancées et progrès démocratiques sur le continent africain. A ceux-là et aux autres qui pensent que l'organisation réussie d'une élection à elle seule suffit à instaurer la démocratie. L'instauration de la démocratie, comme sa défense sont des entreprises permanentes. Aucune nation, aucun pays, aucun Etat n'est né démocratique; ils le sont tous devenus après s'être mis sur ses rails, après avoir renforcés les mécanismes concourant à sa sauvegarde et à son renouvellement permanent. Ainsi, il était clair que le cheminement de la Mauritanie, comme celui des autres pays sur la voie de la démocratisation, est un parcours de longue haleine où rien ne doit être considéré comme acquis.
 
Dans un précédent post ("Le "modèle" Mauritanien"), à l'issu d'un processus remarquable et salué par tous qui avait conduit ce pays sur la voie d'un certain nombre de réformes politiques et juridiques avec notamment l'adoption par référendum le 25 juin 2006 d'un nouvelle constitution prévoyant notamment l'instauration d'un régime présidentiel et donnant au Parlement le droit de censurer le gouvernement (paradoxalement, le putsch actuel est semble-t-il parti d'une crise au sein du parlement dont 48 de ses membres ont claqué la porte du parti au pouvoir), la tenue les 19 novembre et 3 décembre 2006 d'élections législatives qui ont doté le pays d'une nouvelle Assemblé et l'élection en mars 2007 de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu depuis l'indépendance du pays en 1960, nous tirions déjà la conclusion que "pour le moment, le cas Mauritanien a encore à faire ses preuves dans le moyen et long terme car le chemin de la démocratisation est un long processus parsemé d'embûches et, malheureusement, souvent de freins et reculs". L'avenir nous a malheureusement semble-t-il donné raison.
 
Alors faut-il conclure à la faillite du "modèle Mauritanien"? Déjà, qualifier le parcours Mauritanien qui avait "nécessité" le passage par un coup d'état (celui du 3 août 2005) de "modèle" nous semblait déjà à l'époque (voir "Putsch en Mauritanie") une dangereuse approche ; alors au vu des rebondissements et développements survenus aujourd’hui, il semble que l’histoire se répète, ce qui renforce notre certitude dans le fait que le chemin de la démocratisation en Afrique, plus que partout ailleurs, est un long processus parsemé d'embûches et, malheureusement, souvent de freins et reculs ; dans ce domaine, il n’y pas d’acquis ; une élection, aussi ouverte, transparente et démocratique soit-elle et une alternance politique, s’ils constituent des étapes importantes à emprunter sur la voie de l’instauration de la démocratie, n’en constituent pas forcément la marque indélébile de leur adhésion dans le cercle des nations qualifiées de démocratiques, encore faudrait-il qu’une culture et des pratiques démocratiques durables et éprouvées dans le temps et par les épreuves l’illustrent. Le chemin est long, la patience et la persévérance sont donc de mises. Cela n’empêche la nécessaire intransigeance dont il faut faire preuve face au recours aux coups d’état.

dimanche, 06 juillet 2008

La fuite des cerveaux encore pointée du doigt

Fuite des cerveaux! Cette fois il ne s'agit pas de personnes qualifiées qui quittent leurs pays d'origine en Afrique pour s'expatrier en Amérique du Nord ou en Europe à la recherche de meilleures conditions de vie, opportunités professionnelles et d'avancement social. Il s'agit plutôt de milliers d'Allemands qui, à l'instar de milliers de leurs congénères Européens ou d'autres régions du monde, s'expatrient à la recherche "d'opportunités professionnelles attractives à l'étranger" et d'un meilleur salaire; en Suisse, aux Etats-Unis et en Autriche en l'occurrence pour ces Allemands. Quoi de plus compréhensible et normal dirions-nous si ce n'est la crainte, somme toute compréhensible et légitime, de leur pays d'origine de l'incidence qu'aurait ce phénomène pour le dynamisme et la croissance de son économie. Crainte qui paraît néanmoins peu évidente pour certains tant l'économie allemande jouit d'une certaine bonne santé et d'un dynamisme certain; crainte qui par contre concernant les pays Africains peut sembler évidente compte tenu des multiples difficultés d'ordre social, économique, alimentaire, etc. qui font des ressources humaines un élément central dans le combat pour l'amélioration durable de cette situation.
 
Toutefois, dans les deux cas, loin de relativiser l'impact ou l'importance du phénomène de fuite des cerveaux pour les pays d'origines notamment, il ne serait pas extraordinaire de remarquer la promptitude avec laquelle les observateurs et analystes en ferait un drame pour les pays africains et presqu'un épiphénomène, ou tout au moins un paramètre  parmi tant d'autres pour l'Allemagne ou d'autres pays similaires. La fuite des cerveaux, sans minimiser les motivations, une fois de plus légitimes,  compréhensibles et humaines, et cela sous tous les parallèles et sous toutes les latitudes, est-elle un phénomène dont il faut plus s'émouvoir lorsqu'elle concerne des pays ou régions en développement que lorsqu'il s'agit de pays industrialisés et développés? La réponse est d'une évidence affligeante.
 
Toutefois, peut-on faire abstraction des motivations personnelles qui, nous l'avons vu, semble largement partagées par tous ces cerveaux en fuite? Bien sûr que non une fois de plus... Les autorités des deux types de pays qui en sont les victimes, malgré les mesures (fiscales et autres) qu'elles peuvent prendre réussissent-elles toujours à insulffler dans le cerveau de ces personnes un sens patriotique supérieur à leurs aspirations personnelles et professionnelles? Pas toujours dans un cas comme dans l'autre. L'individu peut-il toujours ou souvent accepter de supporter le fardeau de son pays? Peut-on lui en vouloir dans la négative? Toutefois, certains font ce choix pour peu que cette nécessité résonne dans leur cerveau et dans leur affect comme un impératif et une évidence, pour peu qu'ils en prennent le risque et bénéficient d'incitations particulières propices à modifier leur perception de l'impact et de l'importance de leur contribution effective à l'entreprise nationale et que celle-ci rejoigne bien sûr leurs aspirations personnelles.
 
Dans tous les cas, ce ne sont pas les pays qui reçoivent cette ressource utile, pour peu qu'ils acceptent souvent de reconnaître l'utilité et l'importance de ces personnes dans la bonne santé et le dynamisme de leur économie, qui s'en plaindraient, encore que, pour certains cerveaux, ce soit le cas...

lundi, 23 juin 2008

Les nouveaux chantiers de la politique de coopération française

Depuis l'arrivée du nouveau président français, Nicolas Sarkozy, de nombreux chantiers de réforme ont été lancés et mis en oeuvre dans plusieurs domaines tels que la politique étrangère. C'est sans doute dans cet ordre d'idée que s'inscrivent les nouveaux chantiers pour l'Afrique ouverts par le nouveau titulaire du poste de Secrétaire d'Etat Chargé de la Coopération et de la Francophonie, Alain Joyandet.
 
Arrivé à ce poste à la suite du remaniement ministériel survenu en mars 2008, Alain Joyandet affirmait son attachement au continent africain, la nécessité de parler de cette partie du monde en bien et de lui venir en aide; cela s'est matérialisé par une tournée de plusieurs mois qu'il a entrepris à travers le continent afin de dialoguer avec toutes ses forces vives pour écouter leurs besoins et attentes dans la relation avec la France. A l'issu de ce voyage il a identifié huit chantiers sensés répondre aux besoins de cette Afrique qui "bouge, est entrée de plain-pied dans la mondialisation", de cette Afrique qui connait un redémarrage de sa croissance et de cette Afrique qui "réclame la France; souhaite 'plus de France'".
 
Ces chantiers annoncés le 19 juin dernier lors d'une conférence de presse sont également sensés répondre à l'intérêt et à l'investissement croissant dont cette partie du monde fait l'objet de la part de pays émergents tels que la Chine. Et comme pour ces derniers, curieusement, ce "réinvestissement" de la France doit aux dires du Secrétaire d'Etat français s'ancrer dans "la réciprocité, la confiance mutuelle, l’entente" avec pour objectif principal "repositionner la France sur l’échiquier africain et encadrer sa coopération". Il faut également préciser que cette nouvelle approche reposera sur deux piliers: le développement économique et le rayonnement culturel.
 
Le Secrétaire d'Etat a renouvelé une annonce de la France en déclarant "qu'à partir de l’année prochaine, nous allons augmenter de 25% nos engagements -à travers l’Agence Française de Développement, AFD- en direction des pays du Sud. L’Afrique sera la principale bénéficiaire de cette somme qui représente 1 milliard d’euros." De manière générale, il est question pour la France de "modifier la structure de son aide" afin "d’entrer dans l’ère du partenariat (...) avec une relation pragmatique fondée sur la responsabilité mutuelle, le « parler vrai » et sur une exigence de respect de la parole donnée." L'on est tenté de penser que tout cela était déjà le cas...
 
Plus concrètement, les nouveaux chantiers s'articulent autour des éléments suivants:
 
- Soutenir le secteur privé africain en "incitant plus encore les entreprises françaises à investir en Afrique et en se donnant les moyens de financer les initiatives des jeunes générations d’Africains qui veulent créer eux-mêmes leur entreprise";
 
- Relancer les agricultures africaines afin de leur permettre d'assurer l'autosuffisance alimentaire (il faut rappeler que dans les années 80 on parlait déjà d'autosuffisance alimentaire dans de nombreux pays africains) des populations africaines. Ce besoin est devenu crucial avec la crise alimentaire causée en partie par l'augmentation des prix de certains produits alimentaires de première nécessité tels que la farine, le riz ou le lait; crise qui s'est manifestée par des émeutes de la faim qu'ont connu plusieurs pays africains.
 
- Renforcer le rôle et les capacités des femmes afin d'en faire de véritables acteurs du développement du continent;
 
- Tripler en 4 ans la présence des volontaires internationaux français (jeunes et séniors) sur le continent africain. Ces volontaires sont sensés apporter leur expertise et savoir-faire dans de nombreux domaines tels que l'agriculture et naturellement contribuer au rayonnement culturel de la France;
 
- Accroître le soutien aux et la collaboration de la diplomatie française avec les ONGs nationales afin de bénéficier de manière accrue de leur expertise et d'en faire des acteurs centraux dans la délivrance de l'aide publique au développement française;
 
- Renforcer l'enseignement et l'apprentissage de la langue française au-delà de ses frontières historiques;
 
- Accroître le rayonnement de la France à l'extérieur en harmonisant, confortant et valorisant l’action de son audiovisuel extérieur (TV5 monde, France 24 et RFI);
 
- Revoir les relations de défense de la France avec le continent afin de l'aider et de l'accompagner dans ses efforts pour se doter d'outils et de moyens autonomes pour assurer sa sécurité et sa stabilité. Cela passera nécessairement par la révision des accords de coopération militaire et de défense en vigueur.
 
Voici brièvement présentés les axes autours desquels la nouvelle politique de coopération de la France vis-à-vis de l'Afrique devrait s'articuler dans les années à venir. Il est tout de même curieux que la définition de ces chantiers n'intervienne qu'à ce moment particulier; ainsi on peut se demander si leur présentation représente la suite du travail qu'avait ou qu'aurait entrepris le premier titulaire de ce poste, Jean-Marie Bockel, dont les motifs du "débarquement" en mars 2008 avaient suscité un certain nombre de spéculations quant au rôle joué par certaines personnalités africaines qui n'auraient pas apprécié certaines de ses prises de position? Ces chantiers sont-ils la marque de la vision et de l'approche du nouveau Secrétaire d'Etat? Interviennent-ils dans le cadre de la toute prochaine présidence française de l'Union Européenne qui a vu au cours des mois qui l'ont précédé le lancement d'un certain nombre d'initiatives? On attend toufefois de voir comment ses chantiers vont se mettre en place et dans quel sens ce nouveau partenariat France-Afrique va s'orienter et surtout avec quels résultats.
 
 

Débat sur la coopération française en Afrique avec Alain Joyandet et les auditeurs de RFI


1ere partie podcast

2ème partie podcast

jeudi, 29 novembre 2007

La contribution de l'UE à la paix et à la sécurité du continent Africain

ecb37ab7ed382df6dd3428abbf998f7f.gifDepuis plusieurs décennies, l'Europe, au travers notamment des Communautés Economiques Européennes (CEE) et aujourd'hui de l'Union Européenne (UE), en raison précisément des liens historiques de certain de ses membres et de sa proximité avec le continent, a joué un rôle important, au même titre que plusieurs autres acteurs tels que l'Organisation des Nations Unies (ONU), plusieurs pays occidentaux (Européens et non), y compris les Etats-Unis bien entendu, dans les domaines du développement, de la démocratisation, de l'instauration et le renforcement de la gouvernance et de l'état de droit, du soutien à l'intégration régional et de la prévention, de la gestion et de la résolution des conflits en Afrique.

Le document ci-joint aborde la contribution de l'Union Européenne en s'interrogeant notamment de savoir si cet acteur est le champion de l'environnement sécuritaire et de paix Africain. Ce faisant, il aborde le cadre juridique et politique à travers lequel se développe cette contribution; sous le couvert notamment du processus actuellement en cours visant à faire de l'UE un acteur global et réellement influent de la scène internationale, à le doter d'une politique étrangère et de sécurité commune et à renforcer ses différentes capacités civiles et militaires dans les domaines de la planification, du contrôle, du commandement et de la direction de ses interventions sur des théâtres de crise à l'étranger. Après avoir ébauché l'architecture de paix et de sécurité en train de se mettre en place en Afrique, après en avoir dresser un état des lieux de la mise en oeuvre, ce papier illustre la contribution concrète de l'UE dans les domaines de la prévention, de la gestion et de la résolution des conflits en Afrique.

lundi, 05 novembre 2007

La Chine respecte-t-elle les engagements qu'elle a pris envers l'Afrique?

bd4b656546ce107a0b59f49ffe835fff.pngIl y a près d'un an, en novembre 2006, à l'issu du Forum sur la coopération sino-africaine, les autorités Chinoises prenaient des engagements qui devaient permettre le renforcement de la coopération entre les deux acteurs et de soutenir le développement des pays africains en établissant un "nouveau type de partenariat stratégique avec l'Afrique caractérisé par l'égalité et la confiance mutuelle sur le plan politique, la coopération gagnant-gagnant sur le plan économique et les échanges et l'inspiration mutuelle sur le plan culturel..." Un plan d'action en a résulté intitulé Plan d'action de Beijing (2007-2009). Un an après, où en est-on dans sa mise en oeuvre et dans la concrétisation des engagements pris?

C'est la mise en oeuvre effective de ce Plan d'action et le respect des engagements pris  qu'a voulu défendre et démontrer l'Ambassadeur de Chine au Sénégal, Ju Shaye, dans une tribune publiée dans la presse locale. Cette tribune évoque les "énormes efforts et (...) résultats satisfaisants" remportés dans les principaux domaines qui avaient été identifiés: domaine politique, domaine économique, coopération dans les affaires internationales et domaine du progrès social.

Sur le plan politique, le diplomate a évoqué la multiplication des échanges de haut niveau entre la Chine et l'Afrique avec, côté Chinois, au cours des huit derniers mois, les visites dans 20 pays africains du Président chinois, Hu Jintao, du Président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale de Chine, Wu Bangguo, et du Président du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois, Jia Qinglin, ainsi que du ministre des Affaires étrangères de Chine, et, côté africain, la visite en Chine de trois Présidents, un Premier ministre, sept ministres des Affaires étrangères et plus de 90 ministres.

De plus, "conformément au principe déterminé dans le Plan d’action de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine", les deux parties ont tenu, le 26 septembre 2007 à New York, "le premier tour des consultations politiques entre le chef de la diplomatie chinoise et ses homologues africains, pour lancer officiellement le mécanisme de dialogue politique régulier entre les ministres des Affaires étrangères chinois et africains dans le cadre du Forum". La concertation et la coopération s'est également accrue entre la Chine, l’Union Africaine (UA) et les organisations sous-régionales africaines avec notamment un soutient techniques et financiers à ces dernières; soutient qui s'est caractérisé par des "aides en matériel et en espèces aux opérations de maintien de la paix de l’UA au Soudan (AMIS) et en Somalie (AMISOM)" et par la prise en charge par la Chine de la construction d'un nouveau Centre de conférence de l'UA.

Il citera ainsi dans le domaine économique les investissements chinois qui se seraient accrus de façon régulière, les champs de coopération élargis avec, dans les "six premiers mois de l'année 2007, les investissements directs réalisés par les entreprises chinoises en Afrique ayant atteint 485 millions de dollars US" et le fonds de développement Chine-Afrique, "visant à encourager les entreprises chinoises performantes et crédibles à investir en Afrique et à s'engager dans les projets permettant d'élever le niveau technologique des pays africains, d'accroître les emplois et de promouvoir le développement socio-économique des pays d'accueil" devenu opérationnel en juin 2007.

S'il est indéniable, et louable, que la coopération sino-africaine ne cesse de s'intensifier et de se diversifier, on pourra bien sûr s'interroger sur le cadre politique (ou son absence) dans lequel cette assistance de la Chine est mise en oeuvre et notamment sur l'attitude de ses autorités sur un certain nombre de dossiers politiques tels que son soutien aux régimes de Khartoum, soutien qui a très souvent constitué un obstacle et miné les efforts entrepris au niveau du Conseil de sécurité de l'ONU. On pourrait également évoquer une fois de plus ce qu'on pourrait interpréter comme un manque de préparation de la plupart des pays africains qui n'auraient pas véritablement défendu au mieux leurs intérêts et anticipé les conséquences que pourrait avoir cette coopération pour leur marché du travail, pour leur tissu artisanal, commercial, etc. Ce qui pourrait, en partie, s'expliquer par la position de demandeur (est-ce véritablement un partenariat équitable et égal?) dans laquelle ils se trouvent, ce qui ne justifierait cependant pas un manque de vision propre.

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Notes connexes:

Chine-Afrique: les dessous d'une relation qui se voudrait mutuellement bénéfique

Approches pour le développement et la coopération avec l'Afrique en question?

La Chine continue son investissement sur l'Afrique

dimanche, 14 octobre 2007

Afrique: regain d'intérêt géostratégique?

L'Afrique [re]devenue un enjeu stratégique et géostratégique? A-t-elle cessé de l'être? Quels sont les domaines dans lesquels cet intérêt pour l'Afrique s'exprime-t-il? Ces questions ont été débattues par des intellectuels, journalistes et observateurs dans le cadre de l'émission de RFI, le "Débat Africain" du dimanche 14 octobre 2007. Sont notamment abordés les enjeux relatifs à la lutte contre le terrorisme, l'importance des ressources pétrolières et minières (uranium notamment) dans la stratégie des puissances étrangères, illustrés par l'activisme de la Chine, par la volonté des Etats-Unis de mettre en place un commandement militaire en Afrique (AFRICOM), etc.

Face à ce "retour" au premier plan, qu'elle est la réaction des Etats africains? Disposent-ils des capacités et ressources nécessaires pour définir leurs intérêts, pour gérer au mieux de leurs intérêts ce regain d'intérêt, pour faire prévaloir leur vision et articuler des stratégies et tactiques appropriées? Sont-ils prêts à saisir les opportunités qui sont attachées à cette dynamique?

Pour apporter un certain nombre de réponses ou apporter des pistes, ce débat est instructif.


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mercredi, 08 août 2007

Force Hybride ONU-UA au Darfour

La résolution 1769 adoptée le 31 juillet dernier par le Conseil de sécurité des Nations Unies autorisant le déploiement de la plus grande (1) et onéreuse (2) opération de maintien de la paix actuellement dans le monde: l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (Soudan), la MINUAD. Cette mission qui a reçu pour mandat d'assurer, entre autre, la protection des travailleurs humanitaires et des populations dans cette région en crise depuis un peu plus de quatre ans a largement été salué par la communauté internationale. Elle marque une première en ce qui concerne son caractère conjoint, ONU-UA; sorte de compromis entre une Union Africaine (UA), qui malgré les difficultés diverses auxquelles elle fait face dans le déploiement de ses opérations de paix, entend renforcer son rôle dans le domaine de la paix et de la sécurité du continent, et une ONU qui malgré tout conserve une responsabilité première dans la maintenance de la paix et de la sécurité internationales et demeure à cet égard le partenaire idéal et obligé de l'UA dans ce domaine sensible. Par ailleurs, la grande mobilisation internationale dont a fait l'objet la question du Darfour, n'en faisant plus une affaire strictement africaine, que l'intervention de cette dernière n'avait pas réussi à régler, peut également expliquer cet issue.

Malgré cette décision qui marque une évolution notable dans le cadre de la gestion et de la résolution de cette situation, il ne faudrait pas faire preuve d'un trop grand enthousiasme et, au contraire, rester plus que jamais mobilisé. Il faut s'accorder ainsi sur le fait que cette force ne constituera pas la panacée à la résolution du conflit. Dans le contexte qu'est celui du Soudan et du Darfour plus particulièrement, un certain nombre d'actions et d'initiatives politiques notamment, doivent être entreprises et soutenues. A ce titre, les négociations prévues pour septembre 2007 entre le gouvernement de Khartoum et les mouvements rebelles, qui avaient été exclus du précédent Accord de paix signé en mai 2005, revêtent une importance tout aussi particulière sur la voie vers un accord de paix inclusif, bref vers une paix réelle à "maintenir". Il est tout aussi important d'établir et de mettre en oeuvre un cessez-le-feu entre tous les protagonistes (Gouvernement et ses supplétifs Janjaouites, mouvements rebelles).

Dans cette perspective, l'accord sur un plateforme commune de revendications issue de la réunion qui a eu lieu du 4 au 6 août dernier à Arusha (Tanzanie) sous les auspices de l'ONU et de l'UA constitue un pas non négligeable, quoique fragile et assez superficiel. Cette plateforme porte entre autre sur la question des compensations financières à accorder aux personnes déplacées au Darfour, sur la question foncière, ainsi que sur une meilleure représentation au niveau des institutions fédérales (écoutez l'interview de Roland Marchal sur RFI notamment au sujet de ce qu'on peut attendre de cette rencontre). La phase des négociations proprement dites avec le gouvernement de Khartoum s'annonce quant à elle plus difficile compte tenue de la réaction initiale des autorités soudanaises par rapport à certaines des demandes figurant dans la plateforme commune de revendications des mouvements rebelles (voir le lien suivant).

A présent que cette opération a vu le jour, sur le papier du moins, beaucoup reste encore à faire, d'un point de vue technique, afin qu'elle devienne un réalité sur le terrain et qu'elle puisse donner toute la mesure de sa capacité dans la perspective d'une contribution effective à la stabilisation et à l'amélioration de la situation humanitaire et sécuritaire au Darfour. Sa constitution et son déploiement effectif revêtent ainsi de nombreux défis. Le premier d'entre eux porte sur sa constitution. En effet, il ne sera pas facile de rassembler les 26.000 militaires et policiers, qui selon la logique de la force, devraient principalement être Africains.

A ce niveau, l'on peut déjà exprimer quelques inquiétudes quant à la possibilité pour les pays Africains de fournir la grand partie des troupes nécessaires, lorsqu'on sait les difficultés que rencontre actuellement la Mission de l'Union Africaine en Somalie, l'AMISOM, pour obtenir les troupes nécessaires pour la stabilisation de la capitale somalienne. Ainsi, sur les 8.000 hommes qui sont supposés constituer cette force, seuls 1.600 soldats ougandais sont actuellement sur le terrain; le déploiement des autres étant retardé par des questions d'ordre logistique, par le peu de progrès dans la réconciliation et le dialogue politique et par l'absence de garanties de sécurité minimale sur le terrain pour les pays souhaitant y envoyer des troupes. Toutefois, le fait que la force qui vient d'être autorisée sera sous mandat onusien, avec ce que cela suppose comme soutien politique, financier et technique de la part de la communauté internationale, est susceptible de rassurer et d'apporter des garanties aux potentiels pays contributeurs. A cet effet, un certain nombre de pays africains et non africains (Union Européenne et Indonésie par exemple) ont déjà exprimé leur volonté d'y contribuer par l'envoi de troupes et policiers ou par un soutien financier et technique.

Dans un tout autre ordre d'idée, les forces militaires et policières africaines qui seront déployées dans le cadre de cette force devront posséder de réelles capacités techniques en terme de formation et d'équipement, prérequis qui ont déjà largement fait défaut dans le cadre de précédents déploiements d'opérations africaines de maintien de la paix sur le continent, ce nonobstant les différents initiatives et programmes ayant visé au renforcement des capacité africaines de maintien de la paix (citons par exemple l'ACOTA -African Contingency Operations Training and Assistance Program- Américain, le RECAMP -Renforcement des Capacités de Maintien de la Paix- Français, les différentes Ecoles de la paix sur le continent, etc.), qui bien qu'ayant sans aucun doute permis de faire évoluer les choses dans un bon sens, n'ont pas régler définitivement la question des capacités africaines pour le maintien de la paix.

Force est donc de reconnaître que de nombreux défis attendent cette force qui constitue un précédent dans le monde des opérations de maintien de la paix à la fois pour l'ONU et pour l'UA (3). Toujours est-il que compte tenu des défis et besoins sur le terrain, le déploiement de cette force est une nécessité et devrait permettre de faire avancer la résolution de cette question qui depuis quatre ans mobilise la communauté internationale. A ce titre, contrairement aux inquiétudes exprimées plus haut, relatifs à sa constitution, on peut déjà se réjouir de l'annonce faite par l'ONU au sujet des promesses de contributeurs de troupes et policiers.

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1. La Force sera composée de 20.000 militaires et de 6.000 policiers, auxquels s'ajouteront entre 4.000 et 5.000 personnels civils locaux et internationaux. Elle dépassera en dimension la Mission de l'ONU en RDC avec ces 21.962 personnes (militaires, civiles, volontaires, etc.).

2. Elle devra coûter un peu plus de deux milliards de dollars pour un an, plus les coûts relatifs à son déploiement.

3. Une analyse plus profonde de cette Force hybride est actuellement en cours. Elle reviendra notamment sur le parcours ayant conduit à sa création, sur sa nature, son mandat, ses enjeux, etc.

mardi, 07 août 2007

Chine-Afrique: les dessous d'une relation qui se voudrait mutuellement bénéfique

On le sait, l'Afrique représente pour la Chine un enjeu politique et surtout géopolitique, compte tenue notamment des ressources énergétiques dont plusieurs de ses Etats sont producteurs. Cet intérêt s'est manifesté par la venue sur le continent, à de nombreuses reprises des plus hautes autorités chinoises, en tournée officielle et de travail dans plusieurs pays Africains. Il a également pris la forme d'une politique d'aide, articulée autour de dons et prêts octroyés à des taux préférentiels et accompagnés du minimum de conditions; ce qui a déjà suscité la réaction de certains pays occidentaux et milieux financiers, craignant un ré-endettement de l'Afrique (Voir note suivante).

Cet intérêt a également fait de la Chine, et de ses entreprises, l'un des principaux bâtisseurs en Afrique. De nombreuses entreprises chinoises sont de plus en plus présentent dans le domaine de la construction et des travaux publics, que ce soit en Algérie, au Cameroun, en Côte d'Ivoire ou au Gabon; selon des pratiques qui ne vont pas souvent sans quelques risques pour la dégradation ou du moins, la non amélioration (compte tenue des projets de construction et opportunités qu'ils représentent), du marché du travail des pays au sein desquels ces projets sont mis en oeuvre.

Cet élément audio est une émission de la radio RFI diffusée le 25 juillet 2007. Elle présente un reportage au sein d'une partie de la communauté de travailleurs chinois en Afrique (au Gabon). Choc culturel en perspective, autant pour les travailleurs chinois que pour ceux du Gabon,  confrontés à des réalités sociale et culturelle, ainsi qu'à des pratiques professionnelles tout aussi différentes les unes des autres.


podcast
 

Sous un angle différent, cet autre élément audio, présente un reportage au sein de la communauté africaine dans la ville de Canton, en Chine; la vie de cette communauté est sans commune mesure avec celle des chinois en Afrique. Elle traduit notamment le caractère unilatéral des opportunités qui sont offertes, dans leurs contextes respectifs, aux deux acteurs de ce partenariat que les chinois veulent pourtant d'intérêt mutuel et basé sur la compréhension et le respect mutuels et l'égalité.

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