lundi, 28 mai 2007
La Chine continue son investissement sur l'Afrique
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Encore un signe du partenariat stratégique qu'entend établir la Chine avec l'Afrique, l'on apprend que la construction du nouveau Centre de Conférence de l'Union Africaine (UA), qui jusqu'ici faisait défaut à l'organisation et rendait difficile l'organisation de sommets des Chefs d'Etat en son siège d'Addis Abeba (Ethiopie), et dont la pose de la première pierre a eu lieu dans le cadre de la célébration de la Journée de l'Afrique, le 25 mai dernier, dont le montant est estimé à 150 millions de dollars, sera entièrement financer par la Chine.
L'engagement avait été pris lors du Sommet Afrique-Chine qui s'est tenue à Pékin en novembre 2006. Cette réalisation s'inscrit, aux dires du Vice-ministre du Commerce Chinois, Wang Chao, présent à la cérémonie, non seulement, dans l'attachement du Gouvernement Chinois à renforcer ses liens et sa coopération avec les pays africains, mais aussi dans sa volonté et sa disposition à développer un nouveau type de partenariat stratégique fondé sur l'égalité politique, la confiance mutuelle, une coopération économique et des interactions culturelles gagnant-gagnant, le nouveau leitmotiv des relations sino-africaines.
La réalisation de cet édifice constitue l'une des huit mesures prises par la Chine en novembre 2006 pour promouvoir le commerce et la coopération économique avec l'Afrique dans les domaines de l'agriculture, de la santé, de l'éducation, des infrastructures publiques et du renforcement des capacités. Lors du même sommet, la Chine s'était engagée a doublé son aide à l'Afrique et à lui offrir cinq milliards de dollars de crédits et de prêts d'ici à 2009. Pour le Vice-ministre Chinois, la Chine est "maintenant entrée dans un sérieux processus visant à réaliser ses engagements un à un".
Au cours des dernières années, la Chine s'est imposée comme l'un des bâtisseurs et des nouveaux acteurs de la [re]construction de l'Afrique. De nombreuses entreprises chinoises sont de plus en plus présentent dans le domaine du bâtiment et des travaux publics que ce soit en Algérie, au Cameroun ou en Côte d'Ivoire; ce qui ne va pas souvent sans quelques craintes pour la dégradation (toute proportion gardée) du marché du travail des pays récipiendaires. Toutefois, cette pratique, qui s'apparente à de l'aide liée, est une pratique qui a été reprochée à la pratique de coopération au développement de presque tous les pays vis-à-vis de l'Afrique. A ce titre, pour certains pays occidentaux, pour un euro d'aide publique dépensé ou investi dans l'aide au développement, deux euros revenaient à ce pays.
Pour en revenir à l'action de la Chine, les critiques ne sont pas prêtes de se taire. Toujours est-il qu'avec la Chine, si l'on en croit ses récentes actions, elle semble au moins prête à tenir ses engagements, ce qui ne semble pas être le cas de tous les partenaires au développement de l'Afrique. A quel prix peut-on cependant se demander? Est-ce au prix d'un ré-endettement de l'Afrique comme récemment soulevé par le G8? De plus, si l'on part du postulat qu'en politique internationale ou étrangère rien ne se fait gratuitement, on pourrait s'interroger sur la contrepartie, sur les conditions qui sous-tendent la réalisation de ces projets de coopération. Toutefois, cette inquiétude particulière ne devrait pas s'appliquer qu'à la Chine, mais à tous les partenaires, bilatéraux et multilatéraux, qui depuis des décennies se sont engagés à contribuer au développement de l'Afrique. Dans ce domaine, il est en effet clair que bien malin le pays qui voudrait tenir cette attitude de donneurs de leçons sans interroger ses propres pratiques et engagements. A ce propos, lors de l'inauguration de l'Assemblée générale annuelle de la Banque Africaine de Développement (BAD) qui s'est tenue du 16 au 17 mai 2007 à Shanghai (Chine), le Premier Ministre chinois, Wen Jiabao, avait affirmé que la Chine se tenait "aux côtés de l'Afrique pour l'accompagner dans son développement" et souligné que son pays avait "rempli ses obligations" en allégeant ou annulant la dette de certains pays, manière d'en appeler les occidentaux à en faire autant.
19:29 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Afrique, Union Africaine



























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