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mercredi, 14 novembre 2007

Le côté peu reluisant de l'humanitaire?

L'affaire autour de l'épopée tchadienne de l'ONG français, "l'Arche de Zoé", qui a récemment secoué le monde de l'humanitaire (Courrier international dans son numéro 889 du 15 novembre 2007 revient sur cette affaire avec un dossier intitulé Afrique: le bazar de l'humanitaire), et sur laquelle beaucoup a déjà été dit, a mis à jour un des nombreux aspects les moins souhaitables et les plus critiquables qui trouvent dans ce monde et les situations de désastre, de misère, de malheur, de souffrance et de désordre qui en constituent la trame de fond, des environnements propices pour se développer.

Dans un tout autre registre, on peut également évoquer une autre tendance qui s'est développée au fil des années autour de l'humanitaire et du secours à des causes humaines particulières. Il s'agit notamment de ce qui a été qualifié de Charity Business; phénomène qui aurait transformé l'humanitaire en une sorte de business, en une opportunité pour certaines personnalités ou entreprises d'offrir, sous couvert d'actions philanthropiques, une meilleure image d'eux; image qui, selon leurs espérances, déteindrait sur leurs activités principales.

A côté de ce phénomène, s'est également développée toute une économie autour du système d'assistance humanitaire à l'échelle mondial, une économie de l'humanitaire. L'article suivant, paru sur le site de Courrier international, évoque certains aspects de cette réalité, notamment la logique mercantiliste et capitaliste sous-tendant la politique des États-Unis, premier donateur mondial d'aide alimentaire; politique destinée en partie à privilégier au maximum les intérêts des sociétés agro-alimentaires et maritimes américaines. Cette politique voudrait par exemple que "75% de l'aide alimentaire américaine devrait être produite et conditionnée aux États-Unis et acheminée par des navires battant pavillon américain".

A priori, on peut justifier ce choix par la volonté des Etats-Unis de voir leur contribution s'organiser autour d'un système reposant sur des règles bien précises et sur lequel ils conserveraient une emprise. Or, là ou le bât blesse c'est que cette politique ne va pas toujours sans conséquences d'un côté sur l'efficacité et la viabilité sur l'aide qui est délivrée et de l'autre sur le tissu agro-alimentaire des pays qui sont les destinataires de cette aide.

Cet article met la lumière sur un des nombreux travers des politiques d'aide et d'assistance humanitaire. La même réflexion pourrait également être étendue aux politiques et initiatives d'aide au développement qui ne souffriraient pas de moins de paradoxes et d'aspects critiquables; ce qui aurait eu pour conséquence de relativiser dans une certaine mesure leur efficacité et leur effectivité et surtout d'affecter leur rationalité. Toutefois, dans ces domaines, l'approche la plus rationnelle, optimale, cohérente et efficace reste une quête perpétuelle et un défi posée à la communauté international dans son ensemble et à chacun de ses principaux acteurs en particulier.

17:05 Publié dans International | Lien permanent | Envoyer cette note

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