vendredi, 30 novembre 2007
Gérer l'immigration de manière globale?
Au cours des dernières années, l'immigration et l'intégration des étrangers sont devenus quelques-uns des thèmes majeurs et sujets de débat de la politique internationale et des politiques nationales de plusieurs pays occidentaux (Allemagne, Etats-Unis, France, Suisse, etc.). Ils ont très récemment émergé au niveau européen, d'abord sous le prisme de la lutte contre l'immigration clandestine ou illégale, des problèmes d'intégration concernant les populations d'origine étrangère (africaine -Afrique subsaharienne et Maghreb-, asiatique, est-européenne et sud-américaine principalement) et, dans une certaine mesure, celles d'origine musulmane, dans un contexte ambiant caractérisé par le risque réel et les menaces posées par le terrorisme islamisme à l'intérieur des pays Occidentaux.
Au niveau Européen, de nombreuses voies nationales s'élèvent afin que ce qui devenu un problème, à savoir l'immigration illégale, se posant en premier lieu à certains pays riverains de la Méditerranée: Chypre, Espagne, Italie et Malte notamment, et on imagine également (peut-être dans une moindre mesure?) aux frontières orientales de l'Union, fasse l'objet d'une réflexion et d'une réponse commune au niveau de l'Europe, à la définition et à la mise en oeuvre d'une politique commune de l'immigration, notamment afin que le fardeau que sa gestion représente ne pèse pas sur les seules épaules de ces pays.
Toutefois, cette politique européenne ne se limiterait pas qu'à ce qui est perçu comme le côté négatif de l'immigration ou plus globalement des migrations, mais viserait également la mise en place d'une politique qui ferait de l'Europe une destination attractive et privilégiée pour les meilleurs intellectuels, chercheurs et ingénieurs en provenance des régions hors UE, avec notamment il faut le dire un large clin d'oeil particulier vers ceux en provenance d'Asie. C'est dans cette optique qu'a notamment été annoncée, le 23 octobre dernier par la Commission de l'UE, la création d'une "carte bleu européenne", pendant de la "Green Card" américaine, visant à "renforcer l'attractivité de l'Europe pour les migrants hautement qualifiés et améliorer la protection des migrants qui y résident et y travaille légalement". Noble dessein pourrait-on dire, mais on pourrait déjà s'interroger de savoir si tout est actuellement fait au niveau de chaque pays européen afin que les (tous leurs droits y compris les plus élémentaires) droits des migrants qui y résident déjà et y travaille légalement sont protégés? On se rappelle encore de toutes les difficultés sans cesse révélées que rencontrent certains migrants en situation légale et ayant un travail pour se loger décemment en France notamment. On pourrait à cet effet se poser la question de savoir que pourrait faire de plus l'UE pour mettre fin à cette situation lorsque, selon toute vraisemblance, aux niveaux nationaux, les autorités politiques et publiques de certains pays n'arriveraient pas ou manquerait de suffisamment de volonté pour règler ce problème?
L'approche globale de la gestion des migrations prônée au niveau Européen est-elle réaliste, un simple mythe ou de la rhétorique? C'est la question que se pose Elizabeth Collett du European Policy Centre (EPC) dans ce "Policy Brief" et à laquelle elle essaye d'apporter des réponses en analysant ce qui a déjà été fait au niveau de l'UE et en abordant notamment un certain nombre de perspectives relatives à cette approche, notamment en lien avec les questions de développement.
20:20 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Union Européenne, Immigration, Migration, Intégration
jeudi, 29 novembre 2007
La contribution de l'UE à la paix et à la sécurité du continent Africain
Depuis plusieurs décennies, l'Europe, au travers notamment des Communautés Economiques Européennes (CEE) et aujourd'hui de l'Union Européenne (UE), en raison précisément des liens historiques de certain de ses membres et de sa proximité avec le continent, a joué un rôle important, au même titre que plusieurs autres acteurs tels que l'Organisation des Nations Unies (ONU), plusieurs pays occidentaux (Européens et non), y compris les Etats-Unis bien entendu, dans les domaines du développement, de la démocratisation, de l'instauration et le renforcement de la gouvernance et de l'état de droit, du soutien à l'intégration régional et de la prévention, de la gestion et de la résolution des conflits en Afrique.
Le document ci-joint aborde la contribution de l'Union Européenne en s'interrogeant notamment de savoir si cet acteur est le champion de l'environnement sécuritaire et de paix Africain. Ce faisant, il aborde le cadre juridique et politique à travers lequel se développe cette contribution; sous le couvert notamment du processus actuellement en cours visant à faire de l'UE un acteur global et réellement influent de la scène internationale, à le doter d'une politique étrangère et de sécurité commune et à renforcer ses différentes capacités civiles et militaires dans les domaines de la planification, du contrôle, du commandement et de la direction de ses interventions sur des théâtres de crise à l'étranger. Après avoir ébauché l'architecture de paix et de sécurité en train de se mettre en place en Afrique, après en avoir dresser un état des lieux de la mise en oeuvre, ce papier illustre la contribution concrète de l'UE dans les domaines de la prévention, de la gestion et de la résolution des conflits en Afrique.
19:50 Publié dans Afrique, Opérations de paix, Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, Europe, Paix et sécurité
mardi, 27 novembre 2007
Le monde selon Hubert Védrine
Hubert Védrine, ancien Ministre Français des Affaires étrangères (1997-2002), est en France l'un des observateurs et analystes les plus avisés, lucides et aussi prudents de la politique internationale. Au cours des récents mois, il a eu l'opportunité d'exprimer ses réflexions et sa vision des enjeux globaux actuels. Ce fut notamment le cas dans le rapport intitulé "La France et la mondialisation", qui lui avait commandé le Président Français, Nicolas Sarkozy, et qu'il a remis en septembre 2007; dans l'ouvrage qu'il a commis en 2007 intitulé Continuer l'histoire; lors de son audition le 4 octobre 2007 par la Commission mise sur pied en France pour réfléchir sur un "Livre Blanc sur la sécurité et la défense nationale"; et plus récemment lors de l'émission "Géopolitique, le débat" diffusé sur Radio France Internationale (RFI) le 17 novembre dernier.
Cette émission a notamment tourné autour du rôle et de la place que devait occuper la France dans la mondialisation ou comment la remettre au centre du monde. Ce rapport partait d’un certain nombre de constats ; le premier d’entre eux se résume dans la perte de confiance et de repères et notamment dans les craintes que nourrissent en général et de manière paradoxale la majorité de ceux que l’on qualifient d’occidentaux (Français compris) vis-à-vis de la mondialisation qui n’est perçu qu’à travers les risques, menaces et fantasmes qu’elle suscite. Craintes qui tranchent largement avec l’espoir que la grande partie de ceux que feu l’historien Burkinabé, Joseph Ki-Zerbo, qualifiait de "mondialisés" (par opposition aux "mondialisateurs"), qui représentent la majeure partie des êtres humains vivant dans les pays en développement et pauvres d’Afrique (écoutez cette émission sur "les conséquences sociopolitiques de la mondialisation en Afrique"), d’Amérique Latine, d’Asie, etc. et qui dans les faits souffrent encore plus des inconvénients de cette mondialisation et attendent de voir poindre tout le bien qui leur en est dépeint et promis.
Ce sont donc ces mondialisés qui, selon un sondage réalisé en novembre 2006, nourriraient plus d’espoir dans la mondialisation et notamment dans le fait qu'elle est sensée les investissements étrangers, espoirs de ceux qui n’ont plus rien à perdre, comme le pense, certainement à raison, Hubert Védrine.
Dans le cadre de sa réflexion et des propositions faites dans son rapport, Hubert Védrine en appelle à une approche plus réaliste (pas forcément au sens de realpolitik bien que cette dernière ne soit pas forcément à diaboliser) des relations internationales et plus particulièrement de la politique internationale, en un mot à une lecture réaliste, lucide et clairvoyante du monde.
Pour se faire, en ce qui concerne la politique étrangère de la France, il en appelle à un abandon des tons et attitudes prétentieuses du genre "France, Patrie des droits de l’homme", faisant référence à la contribution historique tout aussi importante de la Grande Bretagne et des Etats-Unis et évoquant l’incapacité pour la France, d’un coup de baguette magique, de "transformer la Chine en une sorte d’énorme Danemark". Le même appel vaut pour l’universalité que recouvriraient les idées développées et promues par la France qui la positionnerait au centre du monde, repoussant par conséquent les autres peuples et cultures du monde au rang de provinces comme il le dit. Attitudes qui suscitent en vérité très souvent, même si cela n’est pas souvent exprimé ouvertement, diplomatie oblige, l’énervement de certains pays et acteurs et mettent très souvent la France en porte-à-faux face à certains de ses agissements et pratiques (aussi bien internes qu’externes) qui sont quant à elles dictées par les réalités de la scène internationale ; réalités dont la France doit avoir conscience et qui doivent principalement dicter les agissements de la France en tant qu’acteur international.
Pour justifier et soutenir son appel à une vision réaliste du monde, Hubert Védrine défendait déjà dans son ouvrage, Continuer l’histoire, le fait que le monde ne se résume pas en "une sympathique communauté internationale" et ne s’organise pas forcément dans la réalité, loin s’en faut, autour de peuples qui seraient gouvernés par des valeurs et une vision ouest-européennes. Manière aussi de dire qu’il y a bien un ou des mondes au-delà des frontières idéologiques, culturelles, mentales, etc. du monde ouest-européen et Occidental en général.
Pour Hubert Védrine, le monde actuel s’organise autour de plusieurs pôles caractérisés par des "puissances gigantesques" sur le retour ou ré-émergentes telles que la Russie (dont les dirigeants, Poutine en tête, et la grande majorité de la population sont véritablement mus par une volonté d’en refaire un pôle qui compte dans le monde, par un retour à la grandeur d’une Russie –grandeur politique, militaire, économique, culturelle, etc.- héritière de la grandeur de l’Ex-URSS), émergentes, telles que la Chine et Inde et dans les starting-blocks ou en embuscade telles que le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Indonésie, le Nigéria, la Thaïlande, la Corée du Sud, l’Iran éventuellement sous un autre régime, etc. Face à ces réalités (qui se caractérisent également par un ensemble de chocs : géopolitique, démographique, énergétique, écologique, civilisationnel –qui pour Hubert Védrine, contrairement à Huntington, est un risque dont il faudrait se prémunir et non une réalité qui existerait déjà-, etc.), qui se manifesteraient par une perte croissante de l’influence des Occidentaux qui seraient « en train de perdre le monopole de l’histoire », il s’agit pour les Européens (plus globalement pour les Occidentaux pourrait-on dire) d’en prendre conscience, de mettre fin aux "illusions" post-chute du mur de Berlin, dislocation de l’URSS et fin de la Guerre Froide, et de réagir en repensant, "rebâtissant" pour la France et l’Europe, une "vraie grande politique réaliste" pour retrouver (conserver ou renforcer) leur place et influence au centre du monde qui décide et prend les décisions majeures, aux côtés des Etats-Unis.
Avec Hubert Védrine, le réalisme dans les relations internationales semble donc de retour et remis au goût du jour, si tant est qu’il ait disparu dans les faits, et tous les acteurs de la scène internationale, petits comme grands, mais surtout les petits et les plus petits, les objets, sujets et figurants de cette scène, doivent en avoir conscience afin d’en jouer et d’user tous les leviers qu’il offre, ce qui ne sera objectivement et bien entendu pas possible pour tous. Il ne s’agit là pas forcément d’en comprendre la nécessité et de vouloir, mais surtout de pouvoir, de capacité d’influence, de mobilisation de facteurs et de potentialités de puissance (qui serait déjà existants). Il faut de plus rappeler que les grandes puissantes ne se sont jamais embarrassées de morale, d’éthique et n’ont pas hésité à mettre en sourdine leurs traditionnels (et trop souvent tropicalisés) antiennes sur le respect des droits de l’homme lorsque cela les arrangeait ou allait à l’encontre ce qu’ils considéraient comme leurs intérêts nationaux bien compris.
Dans cette émission, Hubert Védrine revient également sur la politique de coopération au développement dont il demande une remise à plat des différentes approches, trop souvent considérées comme des remèdes miracle, et appelle à plus de modestie dans la conception, la définition et la mise en œuvre de politiques de développement, co-développement, etc., et notamment à développer un partenariat réel avec d’un côté les acteurs donateurs (donateurs bilatéraux –France, Grande Bretagne, Allemagne, etc. – et multilatéraux –Union Européenne notamment) et les pays récipiendaires de ces politiques et actions avec pour impératifs que ces derniers aient au préalable clairement pensé et défini des stratégies propres et leurs objectifs en terme de développement et de coopération.
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21:15 Publié dans Média, Monde, Rapports et publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : France, Védrine, Mondialisation
lundi, 19 novembre 2007
Bilan des OMP
Les opérations de maintien de la paix (OMP), plus particulièrement celles de l'ONU, demeurent encore, plus de cinquante ans après leur création, des outils de la politique internationale d'une utilité certaine, compte tenue du rôle central qui est le leur dans le cadre des mécanismes de prévention, de gestion et de résolution des conflits. De plus, les concepts et doctrines sous-tendant les mandats et missions qui leur sont attribués ne cessent d'être revus et l'objet d'évolutions pratiques.
Quelques unes de ces questions sont abordées dans l'émission "Les Enjeux internationaux" diffusé le 9 novembre 2007 sur France Culture au cours de laquelle est esquissée un bilan des opérations de maintien de la paix; de même que sont brossées les réalités politiques sous-tendant leur conduite et évoquées les évolutions doctrinales et numériques des OMP, leurs succès, leur efficacité et leurs échecs.
20:50 Publié dans Média, Opérations de paix | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ONU, Opérations de maintien de la paix
Les "Enfants de la paix"
Alors qu'un nouveau scandale concernant des allégations d'abus et d'exploitations sexuels impliquant un casque bleu de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) fait l'objet d'un enquête interne à l'ONU
, venant s'ajouter à plusieurs autres affaires d'abus sexuels (y compris sur des mineurs), de prostitution et de trafics de minerais qui mis cette mission au devant de l'actualité depuis son déploiement en 2001, revenons sur une histoire similaire qui est survenue il a plusieurs mois en Côte d'Ivoire et impliquant des soldats du contingent marocain de l'Opération des Nations Unies dans ce pays (ONUCI).
Toutefois, avant d'en venir au cas de l'ONUCI donnons quelques informations relatives à la nouvelle affaire impliquant la MONUC. On a ainsi appris samedi 17 novembre dernier, l'ouverture d'une enquête pour des allégations concernant un cas d'abus et d'exploitation sexuels avec violence survenus dans la nuit du 13 au 14 novembre 2007 impliquant un casque bleu du contingent marocain de la MONUC basé à Bunia, capitale de la province de l'Ituri (nord-est de la RDC). Ce soldat aurait eu des rapports sexuels avec une jeune congolaise qui l'accuse de ne pas lui avoir payé la somme convenue en échange de ses faveurs et de l'avoir blessé au visage par arme blanche.
Ces quelques faits montent qu'on se trouve vraisemblablement face à un cas de prostitution. toutefos, dans l'attente de nouveaux développements relatifs à cette nouvelle affaire qui remet au goût du jour ces pratiques tant décriées impliquant certains éléments d'opérations de maintien de la paix de l'ONU, revenons sur le cas qui a concerné l'ONUCI. Pour rappel, l'affaire impliquant des soldats du contingent marocain de l'ONUCI avait éclatée au grand jour par la révélation de la naissance d'une dizaine d'enfants à Bouaké, fruits des "bonnes relations" qui s'étaient peu à peu tissées entre certains soldats appartenant à ce contingent et certaines filles appartenant à la population locale de cette ville du centre du pays. Cette révélation est survenue, comme une illustration, dans le contexte d'un scandale qui mettait en cause des casques bleus de l'ONU, en l'occurrence ceux du contingent sus-évoqué, pour des allégations d'exploitations et abus sexuels. Ces accusations lui avaient, malgré la vive protestation surprenante des populations qui avaient alors apporté leur soutien au contingent incriminé, valu de se voir cantonné dans ses quartiers et l'ouverture d'une enquête pour établir les faits. Il s'était également avéré qu'un véritable système de prostitution s'était développé autour de ce contingent et que plusieurs de ses soldats (qui apparemment avaient déjà des familles dans leur pays) s'en étaient retournés chez eux en laissant derrière eux leurs progénitures sans donner de nouvelles.
Au-delà des scandales et soupçons d'exploitations et abus sexuels et de pratiques diverses, contre lesquelles la politique onusienne de tolérance, de complaisance et d'impunité zéro doit tout naturellement s'appliquer, compte tenue de la crédibilité que doit conserver toute intervention de l'ONU, fut-elle conduite par des hommes originaires de pays différents, il est primordial que les soldats, hommes et femmes (à ce propos, que dirait-on si une femme en service pour l'ONU entretenait une relation avec un "local", histoire d'amour?), servant sous sa bannière fassent preuve du plus haut degré d'intégrité et soit l'incarnation des idéaux (bien que cette position puisse s'avérer d'un angélisme béat) que se veut porter l'organisation au niveau mondial; cela encore plus dans des contextes souvent marqués par des années d'injustice, de violence physiques et psychologiques sur les populations.
Toutefois, au-delà de ces affaires d'exploitations et abus sexuels, il ne faut pas méconnaître, par pour excuser ou relativiser ces faits, le caractère humain des hommes et femmes servant sous mandats onusiens, avec ce que cela comporte comme qualité, sens du dévoiement et du devoir et défauts propres à la nature humaine. De plus, de tout temps, et dans chaque situation mettant en contact des troupes étrangères et des populations d'un pays ou d'un territoire particulier, que ce soit dans le cadre de guerres, d'occupations militaires et bien entendu d'opérations de maintien de la paix, des relations se sont établies entre ces différents acteurs du fait notamment de la cohabitation et des interactions de plus en plus croissantes qui ont en partie, concernant les opérations de paix, pour explication le fait que ses soldats et personnels se voient singulièrement confiés des missions (de maintien de l'ordre, de sécurisation et de protection, de camps de réfugiés ou déplacés, de protection des droits de l'homme, etc.) dans des zones d'habitation, au milieu de villes; interactions aboutissant nécessairement à l'établissement de liens particuliers qui peuvent aussi bien se fonder sur des logiques d'exploitation ou de profit de la misère ambiante que sur de réelles relations humaines; relations pouvant également permettre la mise en place et le développement "d'économies de la chair". Force est de reconnaître que à ce propos que de nombreux couples se sont formés pendant la guerre du Viêt-Nam entre soldats américains et femmes vietnamiennes (même s'il y a aussi eu des cas d'exploitations et d'abus et notamment de viols pendant ce conflit). Cela étant dit, on peut se demander s'il y a-t-il une place légitime et acceptée, par l'ONU notamment ou les pays dont sont originaires les soldats, même si pas encouragée, pour ce dernier type de relations dans le cadre des opérations de maintien de la paix?
Bien sûr, il ne s'agit pas ici de faire l'amalgame et de mettre sous le même chapitre exploitations et abus sexuels et les relations qui peuvent naturellement s'établir entre un homme et une femme au-delà du contexte dans lequel elles évoluent. A ce titre, on pourrait également se demander si la "déontologie" et le code de conduite des opérations de maintien de la paix l'ONU qui interdissent aux soldats et personnel en général d'établir des relations intimes avec les populations locales, nonobstant son bienfondé et notamment les dérives contre lesquelles cette posture voudrait lutter, est réaliste.
Pour terminer, il faut préciser que ces cas de mauvaises conduites, qui entachent quelque peu la renommée des soldats de la paix de l'ONU, ne représentent que des situations marginales qui ne doivent en aucun cas remettre en cause le rôle central et de plus en plus important que joue la dizaine d'opérations de l'ONU actuellement déployée dans de nombreux contextes de conflits et de reconstruction post-conflit de par le monde.
16:06 Publié dans Opérations de paix | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ONU, Maroc, Côte d'Ivoire, Maintien de la paix, Casques bleus, Abus sexuels, Prostitution
mercredi, 14 novembre 2007
Le côté peu reluisant de l'humanitaire?
L'affaire autour de l'épopée tchadienne de l'ONG français, "l'Arche de Zoé", qui a récemment secoué le monde de l'humanitaire (Courrier international dans son numéro 889 du 15 novembre 2007 revient sur cette affaire avec un dossier intitulé Afrique: le bazar de l'humanitaire), et sur laquelle beaucoup a déjà été dit, a mis à jour un des nombreux aspects les moins souhaitables et les plus critiquables qui trouvent dans ce monde et les situations de désastre, de misère, de malheur, de souffrance et de désordre qui en constituent la trame de fond, des environnements propices pour se développer.
Dans un tout autre registre, on peut également évoquer une autre tendance qui s'est développée au fil des années autour de l'humanitaire et du secours à des causes humaines particulières. Il s'agit notamment de ce qui a été qualifié de Charity Business; phénomène qui aurait transformé l'humanitaire en une sorte de business, en une opportunité pour certaines personnalités ou entreprises d'offrir, sous couvert d'actions philanthropiques, une meilleure image d'eux; image qui, selon leurs espérances, déteindrait sur leurs activités principales.
A côté de ce phénomène, s'est également développée toute une économie autour du système d'assistance humanitaire à l'échelle mondial, une économie de l'humanitaire. L'article suivant, paru sur le site de Courrier international, évoque certains aspects de cette réalité, notamment la logique mercantiliste et capitaliste sous-tendant la politique des États-Unis, premier donateur mondial d'aide alimentaire; politique destinée en partie à privilégier au maximum les intérêts des sociétés agro-alimentaires et maritimes américaines. Cette politique voudrait par exemple que "75% de l'aide alimentaire américaine devrait être produite et conditionnée aux États-Unis et acheminée par des navires battant pavillon américain".
A priori, on peut justifier ce choix par la volonté des Etats-Unis de voir leur contribution s'organiser autour d'un système reposant sur des règles bien précises et sur lequel ils conserveraient une emprise. Or, là ou le bât blesse c'est que cette politique ne va pas toujours sans conséquences d'un côté sur l'efficacité et la viabilité sur l'aide qui est délivrée et de l'autre sur le tissu agro-alimentaire des pays qui sont les destinataires de cette aide.
Cet article met la lumière sur un des nombreux travers des politiques d'aide et d'assistance humanitaire. La même réflexion pourrait également être étendue aux politiques et initiatives d'aide au développement qui ne souffriraient pas de moins de paradoxes et d'aspects critiquables; ce qui aurait eu pour conséquence de relativiser dans une certaine mesure leur efficacité et leur effectivité et surtout d'affecter leur rationalité. Toutefois, dans ces domaines, l'approche la plus rationnelle, optimale, cohérente et efficace reste une quête perpétuelle et un défi posée à la communauté international dans son ensemble et à chacun de ses principaux acteurs en particulier.
17:05 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Humanitaire, USA, Arche de Zoé, France
mardi, 06 novembre 2007
Le ver de l'antisémitisme dans la société Israélienne
Le nombre d'actes d'antisémitismes enregistrés en Israël serait autant, sinon plus important qu'en France. C'est l'une des principales informations que l'ont peut retenir du flot de nouvelles que l'actualité souvent riche a déversé ces dernières semaines. Toutefois, il faut préciser que cette information n'est pas en tant que telle une nouveauté et la réalité qu'elle dépeint avait déjà été révélée au mois d'août 2007 dans l'émission "l'effet papillon" diffusée chaque dimanche à 12h sur la chaîne Canal+.
Cette information est d'autant plus étonnante et paradoxale et allant à contresens de la logique de "terre promise", de "havre de paix" ou de "dernier refuge" qui a en partie gouverné à la création d'Israël et à l'attraction qu'il exerce sur de nombreux Juifs de par le monde, que pendant de nombreuses années, le Gouvernement et certains mouvements Israéliens ont justifié les actes antisémites dont étaient victimes les juifs dans un certain nombre de pays pour prôner le retour ou la venue des Juifs qui auraient été victimes d'actes antisémites. On se souvient encore de l'appel d'Ariel Sharon qui avait soulevé une polémique et suscité l'indignation en France; appel lancé aux Juifs de France en juillet 2004 dans lequel le Premier Ministre israélien leur suggérait de faire leur aliya, "montée" vers Israël en hébreu, et de venir s'installer en Israël "aussi vite que possible" pour fuir "l'antisémitisme déchaîné qui règne en France" (1).
C'était le 18 juillet 2004 que, s'exprimant devant les membres d'une association de Juifs Américains, Sharon déclarait: "En France, il se répand un des antisémitismes les plus sauvages qui soient", situation s'expliquant selon lui par le fait qu'en France "à peu près 10% (2) de la population est musulmane, ce qui permet l'essor d'une nouvelle forme d'antisémitisme fondée sur des sentiments anti-israéliens" (3).
Au cours des derniers mois, un certain nombre d'actes d'antisémitisme (4) (actes de vandalisme contre et incendies de synagogues, profanations de tombes, croix gammées sur des bâtiments publics, écoles, synagogues, agressions de personnes, etc.), attribués à des nouveaux immigrés russes néonazis, souvent non Juifs ou n'ayant que de très lointaines origines juives (5), arrivés en Israël grâce à la loi du retour (6), ont été perpétrés en Israël. Ces faits soulèvent la question de la manière dont a été gérée l'immigration, plus particulièrement celle en provenance de Russie, pour un pays en besoin d'immigrants et qui a tout intérêt à un accroissement de sa population Juive pour contrebalancer le poids démographique de la population Arabe. Ils posent également les faiblesses de la politique d'intégration. Se trouve ainsi posée par certains la question d'une réforme de la loi du retour.
Devant cette réalité, las autorités israéliennes ont souvent été critiquées pour leur inaction et le manque de prise de conscience devant ce phénomène propre, il faut le reconnaître, à nuire à l'image du pays et que certaines associations israéliennes estiment être plus grave que ce que les autorités veulent bien reconnaître. Toutefois, au cours des dernières semaines, le 9 septembre 2007 notamment, des cellules néonazies ont été démantelées par la police israélienne (7).
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1. Voir Valérie Gas, "Sharon provoque l'indignation", RFI, 19 juillet 2004.
2. Rappelons qu'environ 20% de la population vivant en Israël est musulmane.
3. Valérie Gas, "Sharon provoque l'indignation", RFI, 19 juillet 2004.
4. Voir aussi Patrick Saint-Paul, "Des cas d'antisémitisme dans l'armée israélienne", 22 avril 2007.
5. Ces Russes auraient pour la plupart émigrés pour des raisons économiques et ne se seraient jamais sentis Juifs (Cf. "L'antisémitisme en Israël".
6. La loi du retour autorise toute personne ayant un grand-parent Juif à émigrer en Israël, que la personne soit ou non Juive.
7. Voir également la vidéo suivante.
10:18 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Antisémitisme, Juif, Israël, Racisme, Néonazi, Croix gammés



























