« Quoi de neuf au Darfour? | Page d'accueil

vendredi, 07 décembre 2007

Les droits de l'homme ne sont pas des acquis

Le respect et la promotion des droits de l'homme et plus particulièrement les droits et libertés dont bénéficient des millions de personnes; dont rêvent de bénéficier des millions d'autres de par le monde et pour lesquels se battent de nombreuses organisations et institutions intergouvernementales et non-gouvernementales, tout comme les réalisations permises grâce à l'instauration de l'état de droit, ne doivent en aucune manière être considéré comme des acquis. Leur promotion et leur protection doivent faire l'objet d'une attention de tous les instants et dans tous les lieux.

C'est ce qui légitime et justifie encore -peut importe les faiblesses et le caractère perfectible qui peuvent les caractériser- l'existence d'instruments (Déclaration universelle des droits de l'homme, Convention américaine sur les droits de l'homme, Convention Européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, Charte Africaine des droits de l'homme et des Peuples, Charte Arabe des droits de l'homme, etc.) et de mécanismes institutionnels, politiques et techniques, juridictionnel et non-juridictionnel au niveau aussi bien régional (Cour Européenne des droits de l'homme, Cour interaméricaine des droits de l'homme, Cour africaine des droits de l'homme, Commission permanente arabe pour les droits de l'homme, etc.) que mondial (Conseil des droits de l'homme, Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'homme, etc.).

Dans ce contexte particulier, il y a des parties du monde qui, compte tenue notamment des nombreux soubresauts qu'ont connu leur histoire, des résultats qui en ont résulté et de leur legs au monde entier, se sont présentées, avec justesse et légitimité, comme les héritiers des avancées qu'on permis ces nombreux combats et évolutions historiques; évolutions qui peu à peu ont fait d'eux des porte-voix légitimes d'une certaine vision du respect de la dignité de l'être humain et de ses droits et libertés. La France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis ont, chacun à leur niveau et en leur temps, contribué à cette avancée salutaire pour l'humanité. Tant et si bien qu'aujourd'hui il est proclamé que "les droits de l'homme font partie de l'identité européenne" et qu'il est accepté que le respect des droits de l'homme soit considéré comme l'une des valeurs fondamentales de cette partie du monde qu'on pourrait rassembler sous le vocable d'Occident et plus singulièrement de l'Europe Occidentale et plus globalement du projet Européen qui est en train de se construire à travers l'Union Européenne; valeur qui toutefois peine encore à s'imposer dans le monde entier -débat sur l'universalité des droits de l'homme; débat qui pourrait se nourrir et s'illustrer par l'existence d'instruments distincts définissant et déterminant des droits de l'homme: Convention Européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, Convention américaine sur les droits de l'homme, Charte Africaine des droits de l'homme et des Peuples, Charte Arabe des droits de l'homme.

N'oublions pas dans le même ordre d'idées de mentionner ces pays qui, au-delà de tout réalisme politique et plus particulièrement qui mettent sous le boisseau le fait que leur action, externe notamment, soit également, et de plus en plus, guidée par ce réalisme politique, portent la cape amovible de "pays des droits de l'homme", de porteurs et de soutiens à la liberté, au respect des droits de l'homme et à la démocratie de par le monde. Il faudrait également préciser que le fait d'affirmer que les droits de l'homme font partie de l'identité européenne, renverrait plus à une identité acquise au fil de l'histoire et du temps qu'innée, tant il est vrai que l'Europe a sans doute toujours été Europe avant qu'elle ne réussisse à capitaliser des avancées certaines -dont ses peuples jouissent aujourd'hui- dans le domaine du respect et de la promotion des droits de l'homme.

Cela étant dit, cet état de choses ne va pas sans de nombreux paradoxes et imperfections qu'a voulu soulever le Commissaire du Conseil de l'Europe aux droits de l'homme, Thomas Hammarberg, lorsqu'il a exprimé, dans le cadre d'une intervention au European policy Centre, sa "déception face au défaillances de l'UE dans le domaine des droits de l'homme" en affirmant notamment que "lorsque nous montrons du doigt les problèmes qui se posent dans les autres régions du monde, notre crédibilité dépend bien évidemment de la manière dont les droits de l'homme sont respectés à l'intérieur de nos frontières". On pourrait à ce titre évoquer les discriminations diverses, le racisme, la xénophobie dont sont victimes certaines populations dans les pays Européens (immigrés -légaux et illégaux-, demandeurs d'asile, Roms, homosexuels, etc.), l'affaire des détentions et transferts illégaux de prisonniers et tout ce qui se fait au nom de la guerre contre le terrorisme, etc.

Toutes ces imperfections ne remettent bien évidemment pas en cause le fait que dans le monde actuel il y ait des régions et plus particulièrement des pays, où ces droits sont largement respectés et qui peuvent jouer un rôle particulier, y compris de premier plan -modèles?-, dans la promotion et la protection des droits et libertés fondamentales et de la dignité humaine dans le monde. De plus, il faut reconnaître et louer fortement, le rôle des ces pays dans ce domaine, bien entendu lorsqu'ils l'assument et ne l'oublient pas. Il s'agit ici plutôt de souligner les imperfections de ce système et le caractère permanent, de la vigilance qui doit perdurer afin que le respect des droits de l'homme ne soit pas considéré comme un acquis, comme un impératif ou un principe à deux vitesses, bons ou applicables à certains et nié aux autres, mais plutôt comme un impératif catégorique, à la fois à l'interne et à l'externe, même si, pour ce dernier, le monde actuel ne s'y prête pas toujours et s'impose la nécessaire prise en considération d'autres éléments et facteurs.

00:00 Publié dans Europe , International | Lien permanent | Envoyer cette note

Commentaires

Bonjour,
Je trouve vos articles très pertinents et je ne savais pas comment entrer en contact avec vous. Nous aimerions vous offrir une tribune sur notre humble site internet. (voir contact sur notre site)

Ecrit par : Terre Politique | mardi, 13 mai 2008

Ecrire un commentaire