"Aujourd'hui, si on accepte ce qui se passe au Zimbabwe, on peut dire adieu aux élections en Afrique. Il s'agit d'un véritable défi aujourd'hui pour les chefs d'Etats et de gouvernement de l'UA pour qu'ils disent stop!" Alioune Tine, président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (RADDHO), 28 juin 2008
La pensée de la semaine
"Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer", Nelson Mandela
Analyse des conflits; Prévention, gestion et résolution des conflits; Opérations de paix; Réforme du secteur de la sécurité; Union Africaine; Diplomatie multilatérale; Technologies de l'Information et de la Communication (TIC).
Dans deux jours, à partir du 1er juillet prochain, et ce jusqu'au 31 décembre 2008, la France va prendre la tête de la présidence tournante d'une Union Européenne confrontée, au même titre que la plupart des pays de monde, mais certainement avec certaines particularités, à un certain nombre de défis et enjeux. Bien entendu, il ne faudrait pas accorder à cet évènement une importance disproportionnée même s'il faut reconnaître que pour le pays qui en a la charge il s'agit d'un moment politique et diplomatique particulier qui ne survient que rarement. Par ailleurs, la place qu'occupe et entend continuer à occuper sur la scène internationale et européenne confère à cette présidence un intérêt supplémentaire.
La présidence française intervient dans un contexte caractérisé par le "non" Irlandais au Traité de Lisbonne qui est sensé remettre l'Europe sur les rails et qui a semble-t-il ouvert la voie une autre période d'incertitudes et de doutes pour le projet Européen aujourd'hui et demain; ce qui représente un enjeu particulier pour la France. Compte tenu de l'environnement international et européen les priorités de la présidence française s'articuleront autour de l'énergie et du climat, de l'immigration, de la défense et de l'agriculture.
La perspective de cette présidence s'accompagne d'un mix d'indifférence, de doutes et d'espoirs à la fois en France et dans l'Europe toute entière. Ainsi un récent sondage organisé par le site expressionpublique.com afin d'avoir l'avis des Français sur l'UE et particulièrement sur la présidence française du second semestre 2008 met en exergue un certain nombre de réalités. Ce qui en ressort au premier abord est le fait que 48% des sondés perçoit la présidence française comme un évènement peu important à leur yeux, contre 49% pour qui il est important. On apprend également que si la France avait organisé un référendum sur le Traité de Lisbonne, 54% des sondé, contre 40% auraient voté "non"; ce qui illustre encore l'écart (grandissant?) entre l'Europe des (ou de certains) peuples et l'Europe des experts ou de Bruxelles (cela devrait servir de leçons aux Africains dans le cadre de leurs différents processus d'intégration sous-régionaux et régional). Dans le même ordre d'idée, un autre sondage organisé par l'institut de sondage BVA éclaire sur le degré de confiance des français en Nicolas Sarkozy pour donner un souffle à l'Union Européenne.
Les six prochains mois devraient être riches en évènements divers qu'il sera intéressant d'observer et d'analyser. Il est toutefois à souhaiter que cette présidence ne se résume pas à une sorte de "one man" ou "one country show" que beaucoup d'observateurs, à la fois nationaux et internationaux, de la politique française et en France reprochent à la France sous le président Nicolas Sarkozy.
"Les enjeux de la Présidence française de l'Union Européenne", émission "Décryptage" sur Radio France Internationale
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