dimanche, 06 juillet 2008
La fuite des cerveaux encore pointée du doigt
Fuite des cerveaux! Cette fois il ne s'agit pas de personnes qualifiées qui quittent leurs pays d'origine en Afrique pour s'expatrier en Amérique du Nord ou en Europe à la recherche de meilleures conditions de vie, opportunités professionnelles et d'avancement social. Il s'agit plutôt de milliers d'Allemands qui, à l'instar de milliers de leurs congénères Européens ou d'autres régions du monde, s'expatrient à la recherche "d'opportunités professionnelles attractives à l'étranger" et d'un meilleur salaire; en Suisse, aux Etats-Unis et en Autriche en l'occurrence pour ces Allemands. Quoi de plus compréhensible et normal dirions-nous si ce n'est la crainte, somme toute compréhensible et légitime, de leur pays d'origine de l'incidence qu'aurait ce phénomène pour le dynamisme et la croissance de son économie. Crainte qui paraît néanmoins peu évidente pour certains tant l'économie allemande jouit d'une certaine bonne santé et d'un dynamisme certain; crainte qui par contre concernant les pays Africains peut sembler évidente compte tenu des multiples difficultés d'ordre social, économique, alimentaire, etc. qui font des ressources humaines un élément central dans le combat pour l'amélioration durable de cette situation.
Toutefois, dans les deux cas, loin de relativiser l'impact ou l'importance du phénomène de fuite des cerveaux pour les pays d'origines notamment, il ne serait pas extraordinaire de remarquer la promptitude avec laquelle les observateurs et analystes en ferait un drame pour les pays africains et presqu'un épiphénomène, ou tout au moins un paramètre parmi tant d'autres pour l'Allemagne ou d'autres pays similaires. La fuite des cerveaux, sans minimiser les motivations, une fois de plus légitimes, compréhensibles et humaines, et cela sous tous les parallèles et sous toutes les latitudes, est-elle un phénomène dont il faut plus s'émouvoir lorsqu'elle concerne des pays ou régions en développement que lorsqu'il s'agit de pays industrialisés et développés? La réponse est d'une évidence affligeante.
Toutefois, peut-on faire abstraction des motivations personnelles qui, nous l'avons vu, semble largement partagées par tous ces cerveaux en fuite? Bien sûr que non une fois de plus... Les autorités des deux types de pays qui en sont les victimes, malgré les mesures (fiscales et autres) qu'elles peuvent prendre réussissent-elles toujours à insulffler dans le cerveau de ces personnes un sens patriotique supérieur à leurs aspirations personnelles et professionnelles? Pas toujours dans un cas comme dans l'autre. L'individu peut-il toujours ou souvent accepter de supporter le fardeau de son pays? Peut-on lui en vouloir dans la négative? Toutefois, certains font ce choix pour peu que cette nécessité résonne dans leur cerveau et dans leur affect comme un impératif et une évidence, pour peu qu'ils en prennent le risque et bénéficient d'incitations particulières propices à modifier leur perception de l'impact et de l'importance de leur contribution effective à l'entreprise nationale et que celle-ci rejoigne bien sûr leurs aspirations personnelles.
Dans tous les cas, ce ne sont pas les pays qui reçoivent cette ressource utile, pour peu qu'ils acceptent souvent de reconnaître l'utilité et l'importance de ces personnes dans la bonne santé et le dynamisme de leur économie, qui s'en plaindraient, encore que, pour certains cerveaux, ce soit le cas...
11:50 Publié dans Afrique, Développement, International, Vu, lu et entendu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, Fuite des cerveaux, Allemagne, Europe, Mondialisation



























Commentaires
Vous avez vu les émigrés heureux? Je ne suis pas ...
Écrit par : mittelalter kleid Jon | dimanche, 03 janvier 2010
B O N J O U R
Très intéressant vos apports sur ce blog et l'envie m'a poussé à vous laisser ces quelques lignes pour vous encourager à en produire davantage.
Mieux, pour plus de visibilité de votre blog et une large participation à vos débats, je vous invite à vous inscrire sur le site de l'Atelier des Médias de RFI et également échanger avec un dynamique Réseau d'Initiatives de Journalisme du BURKINA FASO dont je suis membre, sur le site http://www.rij-burkina.org.
Merci d'accepter collaborer avec moi pour une expression plurielle du journalisme et du développement.
Écrit par : Adama ILBOUDO | lundi, 31 octobre 2011
Vous avez réussi à transformer ce blog en quelque chose de spécial.
Écrit par : Justine | vendredi, 15 juin 2012
Écrire un commentaire