samedi, 16 juin 2007
Approches pour le développement et la coopération avec l'Afrique en question?
Alors que le dernier G8 s'inquiétait lors de la réunion de ses Ministres des Finances à Potsdam (Allemagne) tenue le 18 mai dernier du processus du ré-endettement de certains pays africains au même moment où de nombreuses campagnes et initiatives, bilatérale ou multilatérale (la plus célèbre étant l'Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés -PPTE) militent et oeuvrent pour l'annulation totale ou partielle de la dette des pays les plus handicapés par le fardeau qu'il constitue pour leur développement et le bien-être de leurs populations, ré-endettement qui serait le fait des nombreux investissements et prêts accordés par la Chine dans le cadre de son offensive économique et diplomatique sur le continent, la Banque Africaine de Développement (BAD), par la voix de son président, Donald Kaberuka, appelait, à l'issue de l'Assemblée générale annuelle de l'institution, s'étant tenue du 16 au 17 mai à Shanghai (Chine), la Chine à encore plus d'investissements et affirmait que "ce qui peut le préoccuper dans les investissements chinois, c'est qu'il n'y en a pas assez!".
Doit-on y voir un paradoxe, le signe d'intérêts ou de visions divergentes de la réalité et particulièrement des besoins de l'Afrique en terme d'investissement et d'aide ou alors l'expression d'une énième inquiétude face à un activisme, non intéressé, de la Chine (serait-elle la seule dans cette situation par ailleurs)?
En fait, lorsqu'on y regarde de plus près, ces deux positions n'ont rien de contradictoires. De fait, il est plus que jamais nécessaire d'investir en Afrique, tant les besoins de la majorité de ses pays y sont légion; besoins en termes d'industrialisation, de développement d'infrastructures de santé, de communication, de télécommunication, d'éducation, de transformation des matières premières, etc. Par ailleurs, l'aide (hors l'aide d'urgence ou humanitaire) à l'Afrique demeure un besoin et une entreprise dont les principaux engagements et objectifs restent encore non atteints (objectif de 0,70% du PIB pour l'aide publique au développement -APD- fixé dans les années 1970, différents objectifs de croissance nationaux de l'APD adopté par de nombreux pays développés, objectifs fixés par les membres du G7/G8, etc.). Autant ces deux réalités demeurent pertinentes, autant il est également clair que ces investissements doivent répondre au respect de principes et obligations pour leurs bénéficiaires, et plus particulièrement de ceux qui auront la charge de gérer ces fonds. En fait, il n'est effectivement plus question que des millions ou milliards soient déversés ou investis de manière désordonnés sans évaluer quels pourraient être leurs impacts effectifs sur la réduction de la pauvreté et la lutte contre le sous-développement.
Il est également évident que lorsqu'on voit les domaines dans lesquels se font actuellement la plupart des investissements sur le continent, il est notable que les industries extractives et minières suscitent plus d'intérêts pour la Chine et les autres investisseurs et absorbent par conséquent la plus grande partie des fonds. De ce point de vue, on se saurait parler d'un trop plein d'investissements en Afrique tant ces derniers ne bénéficient pas particulièrement aux secteurs qui en ont le plus besoin et qui sont susceptibles d'assurer un futur et un développement durable pour l'Afrique.
Par ailleurs, pour s'insurger, déconstruire et rétablir un certain nombre de vérités contre les critiques dont la politique africaine de la Chine et plus particulièrement la coopération sino-africaine est victime (souvent qualifiée de néo-colonialiste), un certain nombre d'intellectuels et d'analystes chinois essayent de faire également entendre leur voix.
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