mardi, 29 mai 2007

Les casques bleus marocains en Côte d'Ivoire


Les F.A.R en Côte d'Ivoire
Vidéo envoyée par bnaf

Le document ci-dessus, intitulé "Les Faiseurs de paix", est un reportage de la chaîne de télévision marocaine 2M diffusé pour le première fois en septembre 2004. S'inscrivant parfaitement dans la célébration de la journée internationale des casques bleux de l'ONU, il présente le quotidien, les rapports avec la population et, plus important, la contribution du contingent des Forces Armées Royales (FAR) marocaines de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) à la stabilité, à la sécurité et à la résolution de la crise que traverse ce pays depuis septembre 2002. Il constitue une illustration du rôle que jouent les casques bleus sur leur différents théâtres d'opération.

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Casques bleus de l'ONU


ONU - Casques bleus
Vidéo envoyée par gangstadu62

Rendant hommage au casques bleus, cet extrait énumère quelques unes des nombreuses missions qui leurs sont dévolues dans le cadre d'opérations de plus en plus complexes, multidimensionnelles et intégrées. Il évoque également certaines difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l'accomplissement de leur mandat.

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Casques bleus de l'ONU: Plus de 50 ans au service de la paix dans le monde

medium_Casquesb.jpgAu moment où les forces déployés dans le cadre d'opérations de paix sous égide des Nations Unies, atteignent un nombre record (1) et où l'on observe une demande croissante d'intervention de paix de l'ONU, du fait notamment de la résolution de nombreuses crises, conflits et guerres de part le monde, faits qui mettent en lumière la nécessité d'accompagner ces pays et régions dans de complexes et multidimensionnels processus de consolidation de la paix, ce qui constitue autant d'enjeux pour les acteurs du maintien de la paix, le monde est appelé à célébrer ce jour la journée internationale des forces du maintien de la paix.

C'est par la résolution A/RES/57/129 que l'Assemblée Générale de l'ONU a décidé le 11 décembre 2002 de dédier la journée du 29 mai comme journée de commémoration au niveau international de tous les personnels déployés aux quatre coins du monde pour porter et mettre en oeuvre les idéaux de paix, de sécurité, de coopération, de solidarité et de développement qui ont prévalu à la création et gouvernent l'action quotidienne de l'ONU. Cette journée a principalement pour objectif de rendre hommage à "tous les hommes et femmes qui ont servi et continue de servir dans des opérations de maintien de la paix de l'ONU pour leur haut niveau de professionnalisme, leur dévouement et leur courage et pour honorer la mémoire de ceux d'entre eux qui ont perdu la vie pour la cause de la paix". Tous les Etats membres de l'ONU, toutes les composantes du système des Nations Unies, toutes les ONG et tous les individus sont invités à observer cette journée.

Depuis 1948, le nombre de personnels ayant perdu la vie pour la paix au service de l'ONU dans le cadre de ses medium_honour_french.2.jpgopérations de paix s'élèvent à près de 2355* (2). Ces personnes étaient originaires de 114 des pays membres de l'organisation; on peut à ce titre en conclure que la grande majorité des pays membres de l'ONU ont malheureusement payé de la chair de leurs citoyens et enfants et fait l'expérience du tribut humain qu'il faut souvent sacrifier pour le service de la paix. La responsabilité de ces pertes a souvent reposé, soit  sur la communauté internationale qui n'a pas doté les missions dans lesquelles servaient ces hommes et femmes de mandats clairs et de moyens adéquats, et n'a pas fait preuve de volonté suffisante pour résoudre certaines crises, soit sur celle d'acteurs nationaux qui se sont constitués en obstacles à la paix, allant dans certains cas jusqu'à s'attaquer ouvertement aux "soldats de la paix". On peut également évoquer des circonstances qui ont engendré des décès dus à des maladies, accidents et autres causes diverses (3).

De nombreux défis (4) sont posés aux personnels actuellement déployés et appelés à l'être dans les futures opérations de paix (maintien et consolidation de la paix) sous l'égide de l'ONU. Ces défis se posent aussi bien en terme éthique, de renforcement de leur professionnalisme, de leurs capacités opérationnelles que de leur gestion politique (au niveau du Conseil de sécurité de l'ONU notamment) dans la définition des mandats pour ne prendre que cet aspect. Ces défis sont dictés par l'image et l'aspiration qu'ils représentent pour les milliers et même millions de personnes pour le service desquelles la communauté internationale fait appel à leur service; ils sont censés apporter et contribuer à la reconstruction de pays désarticulés ou détruits par des années de conflits, les guider sur la voie de la démocratie, de la bonne gouvernance, de l'état de droit, de la justice, avec toutes les qualités morales qui légitiment cette mission.

Malheureusement, la contribution louable et nécessaire des casques bleus à la paix et à la sécurité dans le monde a souvent été entaché de nombreux scandales de viols contre des mineurs, de mauvais traitements, de trafics en tout genre, bref d'actes qui ne font pas honneur à la noble mission qu'il remplissent dans de nombreux pays, régions au nom des idéaux de la communauté internationale. Toutefois, ces faits et accusations ne doivent en aucun cas ternir la contribution inestimable et la reconnaissance que leur portent des milliers de personnes dont il ont contribué, d'une manière ou d'une autre, à améliorer le quotidien, cela dans des contextes souvent fragiles, volatiles et dangereux.

Dans un tout autre ordre d'idée, le fait que le maintien de la paix ne soit plus du ressort exclusif de l'ONU oblige à élargir le regard. A cet effet, pour ne prendre que le cas de l'Afrique, qui est incontestablement la partie du monde qui est le plus concernée par la problématique du maintien de la paix (5), il faudrait également évoquer les soldats qui, par la volonté des Africains de jouer un rôle actif dans la stabilité et sécurité de leur continent, ont trouvé la mort dans le cadre d'opérations de paix et de stabilisation décidées et menées par l'Union Africaine au Darfour (Soudan) et en Somalie notamment. Environ 19 soldats ont trouvé la mort lors de ces opérations de paix.

Pour terminer, il faudrait également préciser que ce ne sont pas qu'aux casques bleus, personnels militaires par nature, qu'il faudrait rendre hommage à cette occasion, mais à tous les personnels, policiers, civils, locaux et volontaires des Nations Unies qui servent dans le cadre des opérations de paix, chacun dans son domaine de compétence, apportant son expertise, son savoir-faire et sa contribution à la réalisation des mandats des opérations et missions.

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* Toutes les informations chiffrées contenues dans ce texte représentent des données collectées au 30 avril 2007 et mises à jour au 7 mai 2007.

1. Plus de 100.000 personnes servent actuellement dans 18 opérations de paix sous mandat onusien (15 opérations de maintien de la paix et 3 missions politiques ou de consolidation de la paix) sur quatre continents. Outre les personnels militaires, policiers et observateurs militaires (environ 82.871 personnes), ce chiffre inclue les 4.705 personnels internationaux civils, les 10.658 personnels civils locaux et les 2.017 volontaires des Nations Unies, chacun d'entre eux contribuant et partageant les risques inhérents à certaines de ces situations.

2. Chiffre au 7 mai 2007, Cf. DOMP. En 2006, 107 personnes servant dans des opérations de paix de l'ONU sont tombées pour la paix.

3. Pour les principales causes de décès des personnels d'opérations de paix, suivre le lien suivant.

4. Quelques uns de ces défis ont été abordés et analysés à l'occasion du colloque international tenu le 2 mai 2007, sous l'égide du Groupe de Recherche et d'Information sur la Paix et la Sécurité (GRIP), du Centre d'Etudes des Crises et des Conflits Internationaux (CECRI) et du Réseau Francophone de recherche sur les opérations de paix, sous le thème "Cinquante ans de casques bleus: Bilan et perspectives".

5. L'Afrique a, comparativement aux autres régions du monde, abrité la plupart 61 opérations de maintien de la paix déployées par l'ONU depuis 1948. Sur les 18 opérations de paix de l'ONU actuellement déployées dans le monde, 8 se trouvent sur le continent africain (1 en Amérique, 1 en Océanie, 1 en Europe de l'Est, 1 dans le Caucase, 3 au Moyen-Orient et 3 en Asie Centrale).

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vendredi, 25 mai 2007

Journée mondiale de l'Afrique: une célébration qui ne fait pas recette?

medium_Africa-day.gifAujourd'hui se célèbre la journée mondiale de l'Afrique. Cette journée commémore la création le 25 mai 1963 de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), à laquelle à succédée l'Union Africaine (UA) en 2002. Au cours de cette journée, déclarée fériée sur l'ensemble du continent, "chaque pays est invité à organiser (...) des activités appropriées, pour rapprocher les peuples africains, raffermir leur foi en l'intégration et populariser l'idéal d'union du continent" (1).  Cette journée devrait également donner l'occasion de réfléchir sur les multiples enjeux et défis qui interpellent les Africains au premier chef, mais également le monde dans sa relation et sa perception de cette partie du monde et des populations y provenant.

L'action du reste du monde vis-à-vis de cette région se définit très souvent, et à juste titre, sous le prisme de l'assistance à son développement, à la résolution de ses crises et conflits. L'Afrique, lorsqu'elle n'est pas ignorée et/ou méconnue, est presque toujours perçue comme un risque, un danger, une menace pour la stabilité (sociale, démographique, identitaire, humaine, politique, etc.) et la sécurité de certaine région du monde. Aujourd'hui encore, elle est largement perçue, par de nombreuses populations, sous l'angle de la menace que font peser ses immigrants et demandeurs d'asile sur l'Europe. Le nouveau président français n'a-t-il pas fait de la question du développement de l'Afrique (objectif louable) et de la question de l'immigration (préoccupation justifiée pour ce pays), les axes principaux de sa politique africaine, hormis le partenariat qu'il souhaite établir avec le bassin méditerranéen?

Pour en revenir à cette célébration placée par l'Union Africaine (UA) sous le thème "renforçons la place de l'Afrique dans le monde à travers des partenariats stratégiques, équilibrés et responsables", cette journée sera, aux dires  de Couaovi Apan Johnson, fonctionnaire à la Commission de l'UA à Addis Abeba (Ethiopie), interrogé ce jour par la Voie de l'Amérique caractérisée par deux principales activités: le lancement du passeport diplomatique de l'UA qui devrait permettre de faciliter les déplacements du personnel de l'UA, des officiels (Chefs d'Etat et de Gouvernement et Ministres notamment) des Etats membres et d'autres "personnalités" du continent, et la mise en place du projet de lancement d'un système de communication VSAT qui rendra plus effectif et efficace la communication entre le siège et les autres bureaux de l'UA à l'étranger. Par ailleurs, la célébration de cette journée verra également la pause de la première pierre du nouveau complexe, Centre de conférence de l'UA.

En ce qui concerne la célébration de cette journée sur le continent, hormis le séminaire sur l'intégration et le mouvement des personnes sur le continent qui a été organisé ce jour par le Département Sud-africain des Affaires étrangères, on en sait très peu sur les activités envisagées ou organisées au niveau de chacun des pays africains.

On aurait souhaité que la célébration de cette journée revête un caractère plus social et populaire et ne demeure en grande partie pas qu'un évènement diplomatique et protocolaire. A ce propos, il faut signaler, à titre d'exemple, que la célébration de cet évènement n'a rien de similaire aux activités culturelles, sociales et éducatives organisées lors de la célébration de la journée de l'Europe, chaque 9 mai, où beaucoup de choses sont entreprises pour rapprocher l'idée, l'idéal et la réalité de l'intégration de l'Europe, des populations. Malgré le fait que l'on ne se trouve pas dans des processus d'intégration similaires, il serait souhaitable que la variable population soit effectivement prise en considération, fusse au titre de son information, dans l'intégration africaine, quelque soit les limites et faiblesses de cette dernière.

Au-delà de ce qui a été prévu au niveau de l'Afrique, il serait à présent intéressant  de voir comment a été célébrée cette journée de par le monde, compte tenue de son caractère, dans le principe du moins, mondial. A cet effet, force est de reconnaître que cette journée est largement passée inaperçue dans la presse internationale (2), attitude qui peut d'ailleurs s'observer (à sa décharge?) pour la célébration des 148 journées mondiales et internationales recensées pour 2007 notamment. Il faut dire que de la journée mondiale de la paix (1er janvier) à la journée internationale de l'ONU pour la coopération Sud-Sud (19 décembre) en passant par la journée mondiale sans téléphone mobile (6 février), la journée du soleil (3 mai) et la journée mondiale du blog (31 août), on peut largement comprendre que certains observateurs ou analystes s'y perdent. Est-ce un manque d'intérêt ou alors une actualité trop chargée (éclipsée par la journée internationale des enfants disparus observée le même jour?) qui expliquerait cet état de chose ? Par ailleurs, le silence que l'on observe également de la part de la presse africaine est des plus surprenants.

Pour en revenir au monde officiel et diplomatique, le président Russe, Vladimir Poutine a fait parvenir une lettre aux Chefs d'Etat et de Gouvernement africains dans laquelle il salue la participation active de l'Afrique dans les efforts à l'échelle internationale pour faire triompher les nombreux défis liés à l'instauration d'un monde multipolaire et d'un ordre mondial juste. Il a également salué la détermination des africains à oeuvrer pour la stabilité, la sécurité et le développement durable de l'Afrique et exprimé le soutien constant de son pays à la mise en oeuvre du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique ainsi qu'à l'accroissement de l'aide apportée au continent par la communauté internationale dans son ensemble et par son pays en particulier. Du côté du Royaume Uni, il a été prévu que le Ministre chargé de l'Afrique au Foreign and Commonwealth Office, Lord Triesman, fasse un discours à l'Hôtel de ville de Londres pour revenir sur les engagements de la communauté internationale vis-à-vis de ses promesses d'aide et sur la nécessité pour les Africains de prendre leurs responsabilités en matière de bonne gouvernance, d'état de droit, de respect des droits de l'homme et de lutte contre la corruption (discours qui, bien que gardant sa pertinence, semble inscrit dans le marbre et déjà devenu culte).

Au demeurant, peut-on conclure, de manière générale, que l'observation de ce qu'a été la célébration de cette journée cette année constitue un baromètre intéressant de l'intérêt international pour l'Afrique? Certainement pas, au vu des nombreuses déclarations d'intérêt et de politique et initiatives qui ne cessent d'être prises par divers partenaires bilatéraux et multilatéraux de l'Afrique dans plusieurs domaines.

Cet article est également publié sur Multipol

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1. Site journée mondiale.

2. Un article du journal suisse, Le Temps, l'évoque de manière lapidaire et accessoire.

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