vendredi, 07 décembre 2007

Les droits de l'homme ne sont pas des acquis

Le respect et la promotion des droits de l'homme et plus particulièrement les droits et libertés dont bénéficient des millions de personnes; dont rêvent de bénéficier des millions d'autres de par le monde et pour lesquels se battent de nombreuses organisations et institutions intergouvernementales et non-gouvernementales, tout comme les réalisations permises grâce à l'instauration de l'état de droit, ne doivent en aucune manière être considéré comme des acquis. Leur promotion et leur protection doivent faire l'objet d'une attention de tous les instants et dans tous les lieux.

C'est ce qui légitime et justifie encore -peut importe les faiblesses et le caractère perfectible qui peuvent les caractériser- l'existence d'instruments (Déclaration universelle des droits de l'homme, Convention américaine sur les droits de l'homme, Convention Européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, Charte Africaine des droits de l'homme et des Peuples, Charte Arabe des droits de l'homme, etc.) et de mécanismes institutionnels, politiques et techniques, juridictionnel et non-juridictionnel au niveau aussi bien régional (Cour Européenne des droits de l'homme, Cour interaméricaine des droits de l'homme, Cour africaine des droits de l'homme, Commission permanente arabe pour les droits de l'homme, etc.) que mondial (Conseil des droits de l'homme, Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'homme, etc.).

Dans ce contexte particulier, il y a des parties du monde qui, compte tenue notamment des nombreux soubresauts qu'ont connu leur histoire, des résultats qui en ont résulté et de leur legs au monde entier, se sont présentées, avec justesse et légitimité, comme les héritiers des avancées qu'on permis ces nombreux combats et évolutions historiques; évolutions qui peu à peu ont fait d'eux des porte-voix légitimes d'une certaine vision du respect de la dignité de l'être humain et de ses droits et libertés. La France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis ont, chacun à leur niveau et en leur temps, contribué à cette avancée salutaire pour l'humanité. Tant et si bien qu'aujourd'hui il est proclamé que "les droits de l'homme font partie de l'identité européenne" et qu'il est accepté que le respect des droits de l'homme soit considéré comme l'une des valeurs fondamentales de cette partie du monde qu'on pourrait rassembler sous le vocable d'Occident et plus singulièrement de l'Europe Occidentale et plus globalement du projet Européen qui est en train de se construire à travers l'Union Européenne; valeur qui toutefois peine encore à s'imposer dans le monde entier -débat sur l'universalité des droits de l'homme; débat qui pourrait se nourrir et s'illustrer par l'existence d'instruments distincts définissant et déterminant des droits de l'homme: Convention Européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, Convention américaine sur les droits de l'homme, Charte Africaine des droits de l'homme et des Peuples, Charte Arabe des droits de l'homme.

N'oublions pas dans le même ordre d'idées de mentionner ces pays qui, au-delà de tout réalisme politique et plus particulièrement qui mettent sous le boisseau le fait que leur action, externe notamment, soit également, et de plus en plus, guidée par ce réalisme politique, portent la cape amovible de "pays des droits de l'homme", de porteurs et de soutiens à la liberté, au respect des droits de l'homme et à la démocratie de par le monde. Il faudrait également préciser que le fait d'affirmer que les droits de l'homme font partie de l'identité européenne, renverrait plus à une identité acquise au fil de l'histoire et du temps qu'innée, tant il est vrai que l'Europe a sans doute toujours été Europe avant qu'elle ne réussisse à capitaliser des avancées certaines -dont ses peuples jouissent aujourd'hui- dans le domaine du respect et de la promotion des droits de l'homme.

Cela étant dit, cet état de choses ne va pas sans de nombreux paradoxes et imperfections qu'a voulu soulever le Commissaire du Conseil de l'Europe aux droits de l'homme, Thomas Hammarberg, lorsqu'il a exprimé, dans le cadre d'une intervention au European policy Centre, sa "déception face au défaillances de l'UE dans le domaine des droits de l'homme" en affirmant notamment que "lorsque nous montrons du doigt les problèmes qui se posent dans les autres régions du monde, notre crédibilité dépend bien évidemment de la manière dont les droits de l'homme sont respectés à l'intérieur de nos frontières". On pourrait à ce titre évoquer les discriminations diverses, le racisme, la xénophobie dont sont victimes certaines populations dans les pays Européens (immigrés -légaux et illégaux-, demandeurs d'asile, Roms, homosexuels, etc.), l'affaire des détentions et transferts illégaux de prisonniers et tout ce qui se fait au nom de la guerre contre le terrorisme, etc.

Toutes ces imperfections ne remettent bien évidemment pas en cause le fait que dans le monde actuel il y ait des régions et plus particulièrement des pays, où ces droits sont largement respectés et qui peuvent jouer un rôle particulier, y compris de premier plan -modèles?-, dans la promotion et la protection des droits et libertés fondamentales et de la dignité humaine dans le monde. De plus, il faut reconnaître et louer fortement, le rôle des ces pays dans ce domaine, bien entendu lorsqu'ils l'assument et ne l'oublient pas. Il s'agit ici plutôt de souligner les imperfections de ce système et le caractère permanent, de la vigilance qui doit perdurer afin que le respect des droits de l'homme ne soit pas considéré comme un acquis, comme un impératif ou un principe à deux vitesses, bons ou applicables à certains et nié aux autres, mais plutôt comme un impératif catégorique, à la fois à l'interne et à l'externe, même si, pour ce dernier, le monde actuel ne s'y prête pas toujours et s'impose la nécessaire prise en considération d'autres éléments et facteurs.

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mardi, 04 décembre 2007

Quand la réalité du monde devient de plus en plus difficile à appréhender!

Les relations internationales, la politique internationale et plus globalement les questions internationales se sont multipliées, investissant des domaines de plus en plus nouveau tels que l'environnement pour ne citer que lui, et devenant également de plus en plus complexes et techniques. Leur compréhension nécessite aujourd'hui, plus qu'auparavant, d'un point de vue intellectuel, une profondeur -historique, géopolitique, politique, etc.- toute particulière.

C'est à la fois une exigence pour les analystes, les observateurs, les médias et plus particulièrement le grand public, ce que l'on appelle communément les opinions publiques nationales. Or, au fur et à mesure que les questions internationales se complexifient et se démocratisent, notamment au sein des opinions publiques qui y sont de plus en plus intéressées car leur vie quotidienne étant de manière croissante influencée par des évènements extérieurs, ce domaine fait de plus en plus l'objet d'idées et de connaissances simplificatrices, sinon simplistes, qui sous-tendent le développement d'idées reçues et de préjugés.

Autant de phénomènes qui rendent encore plus difficiles la compréhension des phénomènes internationaux. Ce qui est encore plus dommageable c'est le fait que le développement et la persistance de ces préjugés et idées reçus prennent le dessus sur la réalité des choses.  Deux experts Français des questions internationales et stratégiques, Pascal Boniface et Bruno Tertrais, abordent et discutent de cette réalité tendance dans le cadre de l'émission Géopolitique, le débat, diffusé sur RFI.


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dimanche, 02 décembre 2007

Quand la Russie se relèvera...

Demain, 2 décembre 2007, la Russie a rendez-vous avec des élections législatives qui suscitent un intérêt particulier dans les principales capitales Occidentales. Cet intérêt s'explique principalement par les craintes relatives à leur régularité, à leur crédibilité et plus particulièrement aux tendances autocratiques, "nostalgiques" et nationalistes qui semblent caractériser la Russie d'aujourd'hui (y compris la grande majorité des citoyens Russes), qui depuis l'élection de son président, Vladimir Poutine en 2000, s'est mise à rêver et à rechercher sa splendeur et sa grandeur d'antan.

Au rang des nombreuses émissions diffusées et programmées sur cette actualité, le documentaire Infrarouge diffusé le 29 novembre 2007 à 23h sur "le système Poutine" a apporté un éclairage particulier sur la personnalité du président Poutine et sur la nouvelle Russie qui semble en train de vouloir se relever sous sa férule, à l'image et à l'effigie de ce qu'il en a toujours eu et garder. Dans le même ordre d'idée, France 2 diffusera lundi 3 décembre prochain à 23h10 une émission de son magazine "Un oeil sur la planète" intitulé "Russie: l'empire contre-attaque?".

Cette fièvre, entre autre médiatique, mais également diplomatique, stratégique et politique, traduit bien le fait que la Russie d'aujourd'hui et de demain pose un certain nombre de questions et de problèmes à l'Europe (Occidentale, à l'UE et à un certain nombre d'anciennes Républiques soviétiques -Ukraine, pays Baltes, Pologne, etc.) et aux Etats-Unis pour ne citer que ces quelques cas. Pour les Européens, il s'agit principalement de leur [in]dépendance énergétique, de la situation des droits de l'homme et de la démocratie et plus particulièrement de l'attitude qu'ils doivent adopter vis-à-vis de ce pays, attitude qui s'avère difficile à s'articuler de manière commune et concertée, du fait notamment des tensions des nombreuses positions et divergences au sein des pays membres de l'UE. Du côté des Etats-Unis, il y a comme une volonté, illustrée notamment par le projet de bouclier anti-missile que devrait abriter certains pays d'Europe de l'Est (Pologne et République Tchèque notamment) et par les projets d'élargissement de l'OTAN à plusieurs anciens pays sortis du giron Soviétique, de neutraliser la réalité, encore réelle, de la puissance militaire de la Russie et de son influence dans cette région du monde.

Si l'on s'en tient au soutien immense dont semble bénéficier le président Poutine, et notamment le peu d'écho qu'ont les discours, critiques et récriminations des principaux, ou alors plus audibles (en Occident notamment), partis, personnalités ou voix de l'opposition, force est de reconnaître que l'Occident dispose de très peu de leviers pour changer la situation vers laquelle on se dirige et également d'une capacité presqu'inexistante, ou tout au mieux très limitée, d'influence sur la trajectoire qu'est en train de prendre ce pays. Les années à venir seront certainement très intéressantes et riches en rebondissements...

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vendredi, 30 novembre 2007

Gérer l'immigration de manière globale?

Au cours des dernières années, l'immigration et l'intégration des étrangers sont devenus quelques-uns des thèmes majeurs et sujets de débat de la politique internationale et des politiques nationales de plusieurs pays occidentaux (Allemagne, Etats-Unis, France, Suisse, etc.). Ils ont très récemment émergé au niveau européen, d'abord sous le prisme de la lutte contre l'immigration clandestine ou illégale, des problèmes d'intégration concernant les populations d'origine étrangère (africaine -Afrique subsaharienne et Maghreb-, asiatique, est-européenne et sud-américaine principalement) et, dans une certaine mesure, celles d'origine musulmane, dans un contexte ambiant caractérisé par le risque réel et les menaces posées par le terrorisme islamisme à l'intérieur des pays Occidentaux.

Au niveau Européen, de nombreuses voies nationales s'élèvent afin que ce qui devenu un problème, à savoir l'immigration illégale, se posant en premier lieu à certains pays riverains de la Méditerranée: Chypre, Espagne, Italie et Malte notamment, et on imagine également (peut-être dans une moindre mesure?) aux frontières orientales de l'Union, fasse l'objet d'une réflexion et d'une réponse commune au niveau de l'Europe, à la définition et à la mise en oeuvre d'une politique commune de l'immigration, notamment afin que le fardeau que sa gestion représente ne pèse pas sur les seules épaules de ces pays.

Toutefois, cette politique européenne ne se limiterait pas qu'à ce qui est perçu comme le côté négatif de l'immigration ou plus globalement des migrations, mais viserait également la mise en place d'une politique qui ferait de l'Europe une destination attractive et privilégiée pour les meilleurs intellectuels, chercheurs et ingénieurs en provenance des régions hors UE, avec notamment il faut le dire un large clin d'oeil particulier vers ceux en provenance d'Asie. C'est dans cette optique qu'a notamment été annoncée, le 23 octobre dernier par la Commission de l'UE, la création d'une "carte bleu européenne", pendant de la "Green Card" américaine, visant à "renforcer l'attractivité de l'Europe pour les migrants hautement qualifiés et améliorer la protection des migrants qui y résident et y travaille légalement". Noble dessein pourrait-on dire, mais on pourrait déjà s'interroger de savoir si tout est actuellement fait au niveau de chaque pays européen afin que les (tous leurs droits y compris les plus élémentaires) droits des migrants qui y résident déjà et y travaille légalement sont protégés? On se rappelle encore de toutes les difficultés sans cesse révélées que rencontrent certains migrants en situation légale et ayant un travail pour se loger décemment en France notamment. On pourrait à cet effet se poser la question de savoir que pourrait faire de plus l'UE pour mettre fin à cette situation lorsque, selon toute vraisemblance, aux niveaux nationaux, les autorités politiques et publiques de certains pays n'arriveraient pas ou manquerait de suffisamment de volonté pour règler ce problème?

L'approche globale de la gestion des migrations prônée au niveau Européen est-elle réaliste, un simple mythe ou de la rhétorique? C'est la question que se pose Elizabeth Collett du European Policy Centre (EPC) dans ce "Policy Brief" et à laquelle elle essaye d'apporter des réponses en analysant ce qui a déjà été fait au niveau de l'UE et en abordant notamment un certain nombre de perspectives relatives à cette approche, notamment en lien avec les questions de développement.

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mercredi, 14 novembre 2007

Le côté peu reluisant de l'humanitaire?

L'affaire autour de l'épopée tchadienne de l'ONG français, "l'Arche de Zoé", qui a récemment secoué le monde de l'humanitaire (Courrier international dans son numéro 889 du 15 novembre 2007 revient sur cette affaire avec un dossier intitulé Afrique: le bazar de l'humanitaire), et sur laquelle beaucoup a déjà été dit, a mis à jour un des nombreux aspects les moins souhaitables et les plus critiquables qui trouvent dans ce monde et les situations de désastre, de misère, de malheur, de souffrance et de désordre qui en constituent la trame de fond, des environnements propices pour se développer.

Dans un tout autre registre, on peut également évoquer une autre tendance qui s'est développée au fil des années autour de l'humanitaire et du secours à des causes humaines particulières. Il s'agit notamment de ce qui a été qualifié de Charity Business; phénomène qui aurait transformé l'humanitaire en une sorte de business, en une opportunité pour certaines personnalités ou entreprises d'offrir, sous couvert d'actions philanthropiques, une meilleure image d'eux; image qui, selon leurs espérances, déteindrait sur leurs activités principales.

A côté de ce phénomène, s'est également développée toute une économie autour du système d'assistance humanitaire à l'échelle mondial, une économie de l'humanitaire. L'article suivant, paru sur le site de Courrier international, évoque certains aspects de cette réalité, notamment la logique mercantiliste et capitaliste sous-tendant la politique des États-Unis, premier donateur mondial d'aide alimentaire; politique destinée en partie à privilégier au maximum les intérêts des sociétés agro-alimentaires et maritimes américaines. Cette politique voudrait par exemple que "75% de l'aide alimentaire américaine devrait être produite et conditionnée aux États-Unis et acheminée par des navires battant pavillon américain".

A priori, on peut justifier ce choix par la volonté des Etats-Unis de voir leur contribution s'organiser autour d'un système reposant sur des règles bien précises et sur lequel ils conserveraient une emprise. Or, là ou le bât blesse c'est que cette politique ne va pas toujours sans conséquences d'un côté sur l'efficacité et la viabilité sur l'aide qui est délivrée et de l'autre sur le tissu agro-alimentaire des pays qui sont les destinataires de cette aide.

Cet article met la lumière sur un des nombreux travers des politiques d'aide et d'assistance humanitaire. La même réflexion pourrait également être étendue aux politiques et initiatives d'aide au développement qui ne souffriraient pas de moins de paradoxes et d'aspects critiquables; ce qui aurait eu pour conséquence de relativiser dans une certaine mesure leur efficacité et leur effectivité et surtout d'affecter leur rationalité. Toutefois, dans ces domaines, l'approche la plus rationnelle, optimale, cohérente et efficace reste une quête perpétuelle et un défi posée à la communauté international dans son ensemble et à chacun de ses principaux acteurs en particulier.

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mardi, 06 novembre 2007

Le ver de l'antisémitisme dans la société Israélienne

Le nombre d'actes d'antisémitismes enregistrés en Israël serait autant, sinon plus important qu'en France. C'est l'une des principales informations que l'ont peut retenir du flot de nouvelles que l'actualité souvent riche a déversé ces dernières semaines. Toutefois, il faut préciser que cette information n'est pas en tant que telle une nouveauté et la réalité qu'elle dépeint avait déjà été révélée au mois d'août 2007 dans l'émission "l'effet papillon" diffusée chaque dimanche à 12h sur la chaîne Canal+.

Cette information est d'autant plus étonnante et paradoxale et allant à contresens de la logique de "terre promise", de "havre de paix" ou de "dernier refuge" qui a en partie gouverné à la création d'Israël et à l'attraction qu'il exerce sur de nombreux Juifs de par le monde, que pendant de nombreuses années, le Gouvernement et certains mouvements Israéliens ont justifié les actes antisémites dont étaient victimes les juifs dans un certain nombre de pays pour prôner le retour ou la venue des Juifs qui auraient été victimes d'actes antisémites. On se souvient encore de l'appel d'Ariel Sharon qui avait soulevé une polémique et suscité l'indignation en France; appel lancé aux Juifs de France en juillet 2004 dans lequel le Premier Ministre israélien leur suggérait de faire leur aliya, "montée" vers Israël en hébreu, et de venir s'installer en Israël "aussi vite que possible" pour fuir "l'antisémitisme déchaîné qui règne en France" (1).

C'était le 18 juillet 2004 que, s'exprimant devant les membres d'une association de Juifs Américains, Sharon déclarait: "En France, il se répand un des antisémitismes les plus sauvages qui soient", situation s'expliquant selon lui par le fait qu'en France "à peu près 10% (2) de la population est musulmane, ce qui permet l'essor d'une nouvelle forme d'antisémitisme fondée sur des sentiments anti-israéliens" (3).

Au cours des derniers mois, un certain nombre d'actes d'antisémitisme (4) (actes de vandalisme contre et incendies de synagogues, profanations de tombes, croix gammées sur des bâtiments publics, écoles, synagogues, agressions de personnes, etc.), attribués à des nouveaux immigrés russes néonazis, souvent non Juifs ou n'ayant que de très lointaines origines juives (5), arrivés en Israël grâce à la loi du retour (6), ont été perpétrés en Israël. Ces faits soulèvent la question de la manière dont a été gérée l'immigration, plus particulièrement celle en provenance de Russie, pour un pays en besoin d'immigrants et qui a tout intérêt à un accroissement de sa population Juive pour contrebalancer le poids démographique de la population Arabe. Ils posent également les faiblesses de la politique d'intégration. Se trouve ainsi posée par certains la question d'une réforme de la loi du retour.

Devant cette réalité, las autorités israéliennes ont souvent été critiquées pour leur inaction et le manque de prise de conscience devant ce phénomène propre, il faut le reconnaître, à nuire à l'image du pays et que certaines associations israéliennes estiment être plus grave que ce que les autorités veulent bien reconnaître. Toutefois, au cours des dernières semaines, le 9 septembre 2007 notamment, des cellules néonazies ont été démantelées par la police israélienne (7).

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1. Voir Valérie Gas, "Sharon provoque l'indignation", RFI, 19 juillet 2004.

2. Rappelons qu'environ 20% de la population vivant en Israël est musulmane.

3. Valérie Gas, "Sharon provoque l'indignation", RFI, 19 juillet 2004.

4. Voir aussi Patrick Saint-Paul, "Des cas d'antisémitisme dans l'armée israélienne", 22 avril 2007.

5. Ces Russes auraient pour la plupart émigrés pour des raisons économiques et ne se seraient jamais sentis Juifs (Cf. "L'antisémitisme en Israël".

6. La loi du retour autorise toute personne ayant un grand-parent Juif à émigrer en Israël, que la personne soit ou non Juive.

7. Voir également la vidéo suivante.

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vendredi, 02 novembre 2007

La France réfléchie sur sa politique de défense et de sécurité nationale pour les 15 prochaines années

Depuis le 4 octobre 2007, la Commission du Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale mise en place par le Président Français, Nicolas Sarkozy, pour réfléchir sur les orientations et notamment l'actualisation des enjeux, menaces, risques auxquels est confrontée la France, et aux réponses à y apporter, a débuté ses auditions publiques d'experts et de personnalités du monde des médias, de la politique, de la politique internationale, académique, religieux, etc.

La Commission a été installée le 23 août 2007 pour élaborer le nouveau Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et notamment pour évaluer les besoins et les nouvelles exigences en matière de défense de la France. Selon la lettre de mission adressée par le Président Français à la Commission, "le futur Livre blanc définira un concept de défense globale de la France et de ses intérêts. Il portera sur les domaines de la défense et de la sécurité. Il devra couvrir une perspective d'une quinzaine d'années, tout en ayant vocation à être actualiser régulièrement".

Ont déjà été auditionnées par la Commission, entre autres personnalités, Hubert Védrine, ancien Ministre des Affaires étrangères, Javier Solana, Haut Représentant de l'Union Européenne pour la PESC, Patricia Allemonière et Jean Guisnel, journalistes, James Dobbins, Directeur de l'International Security and Defense Policy Center de la RAND Corporation et ancien Ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'UE et Souleymane Bachir Diagne, chercheur et philosophe et professeur à l'Université Northwestern d'Evanston (Illinois, Etats-Unis), Sir Lawrence Freedman, membre de l'IISS, expert en questions de défense et de sécurité.

La plupart de ces auditions portent un intérêt particulier pour la compréhension d'un certain nombre de problématiques tant régionales que globales.

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samedi, 16 juin 2007

L'ONU sous Kurt Waldheim

medium_Valdeim.jpg"L'ONU se trouve à un carrefour; elle peut faire face à ses responsabilités ou les éviter", ces mots, qui se caractérisent encore par leur actualité, ont été prononcés par l'autrichien Kurt Waldheim élu Secrétaire général des Nations Unies en 1971 par l'Assemblée générale de l'organisation. Il est entré en fonction en janvier 1972 et est resté à ce poste jusqu'en 1981.

Deux jours après l'annonce de son décès, qui est rapidement passée dans le tourbillon de l'actualité internationale, et dont on n'a retenu principalement, outre le passage de Waldheim à cette position de l'ONU et à la présidence de l'Autriche (en 1986), que le rôle qu'il a joué pendant la seconde guerre mondiale dans le cadre d'une unité de l'armée allemande qui a commis des atrocités dans les Balkans, revenons brièvement sur son mandat et sur le contexte international dans lequel ce dernier a été rempli.

Le mandat de Kurt Waldheim s'est très tôt trouvé ponctué par le regain de tensions au Moyen-Orient, ravivées par la guerre du Kippour en 1973 déclenchée par la volonté du leader égyptien Sadate de reconquérir le Sinaï qui avait été annexé par Israël lors de la Guerre des Six Jours en 1967. Dans ce contexte, l'ONU a joué un rôle non négligeable en s'interposant entre les belligérants et en servant de cadre à la relance des négociations qui ont conduit à l'adoption d'un cessez-le-feu et plus tard en 1977 aux Accords de Camp David, sous les auspices des Etats-Unis. Sous son mandat, l'ONU aura également à gérer les divergences et tensions entre communautés grecque (majoritaire) et turque à Chypre; situation qui s'est compliquée par l'occupation de la partie Nord du pays en 1974 par les troupes turques.

En ce qui concerne le monde en développement, Kurt Waldheim soulignait en 1975, dans des mots une fois de plus d'une grande actualité, que "le défi le plus grand auquel se mesurent la sagesse politique et la vision internationale est la réduction de l'écart entre riches et pauvres. Il n'est pas de stabilité possible dans une société où quelques-uns détiennent la richesse tandis que la majorité vit dans la misère et la guerre sans espoir". Son mandat a coïncidé avec la période des processus de décolonisation en Afrique notamment, processus dans lesquels l'ONU occupa une place particulière.

Le mandat de Waldheim s'est également inscrit dans un contexte de guerre froide ravivé par l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS en 1979 ainsi que par l'instabilité chronique au Liban qui se caractérisa par la guerre civile; dans ce dernier contexte, l'ONU déploya une opération de maintien de la paix au Liban, la FINUL. La crise des otages américains en Iran constitua également un moment particulier de son mandat à la tête de l'ONU. Il mena à ce titre des négociations en vue de la libération de ces otages. Négociations qui n'aboutirent à rien.

Au cours du mandat de Kurt Waldheim furent également organisées sous les auspices de l'ONU des conférences internationales sur l'environnement, les populations et sur les droits des femmes.

Tous les prédécesseurs et successeurs de Kurt Waldheim à ce poste ont subi et subissent des critiques sur telle ou telle question et sur leur manière de gérer telle ou telle situation ou dossier; ces critiques ont été formulées de la part de telle ou telle pays ou acteurs. Toujours est-il que chacun d'entre eux, grâce à ses qualités intellectuelles, personnelles et professionnelles, en fonction de la nature, des réalités et dynamiques qui prévalaient au moment de son mandat, ont contribué à l'institution et au renforcement de l'ONU comme acteur mondial de premier plan; chacun a, dans une certaine mesure, contribué à l'avancement de ses principes, objectifs et idéaux. Il est également clair que chaque individu et chaque entité étatique, traversent, à un moment donné de leur évolution, de leur histoire ou de leur existence, l'obscurité et les ténèbres de cet aspect de la nature humaine et de l'histoire de l'humanité qui le conduit à se rendre responsable d'actes, qui, malgré tout, conservent tout leur caractère bien réel, donc bien humain, quoique critiquable et inacceptable.

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Image d'illustration et principales informations issues du documentaire Les Nations Unies vue de l'intérieur. A la Maison de verre. L'histoire de l'ONU par ses Secrétaires généraux. Un film de Romuald Sciora. MK2doc, 2006.

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