jeudi, 29 novembre 2007

La contribution de l'UE à la paix et à la sécurité du continent Africain

ecb37ab7ed382df6dd3428abbf998f7f.gifDepuis plusieurs décennies, l'Europe, au travers notamment des Communautés Economiques Européennes (CEE) et aujourd'hui de l'Union Européenne (UE), en raison précisément des liens historiques de certain de ses membres et de sa proximité avec le continent, a joué un rôle important, au même titre que plusieurs autres acteurs tels que l'Organisation des Nations Unies (ONU), plusieurs pays occidentaux (Européens et non), y compris les Etats-Unis bien entendu, dans les domaines du développement, de la démocratisation, de l'instauration et le renforcement de la gouvernance et de l'état de droit, du soutien à l'intégration régional et de la prévention, de la gestion et de la résolution des conflits en Afrique.

Le document ci-joint aborde la contribution de l'Union Européenne en s'interrogeant notamment de savoir si cet acteur est le champion de l'environnement sécuritaire et de paix Africain. Ce faisant, il aborde le cadre juridique et politique à travers lequel se développe cette contribution; sous le couvert notamment du processus actuellement en cours visant à faire de l'UE un acteur global et réellement influent de la scène internationale, à le doter d'une politique étrangère et de sécurité commune et à renforcer ses différentes capacités civiles et militaires dans les domaines de la planification, du contrôle, du commandement et de la direction de ses interventions sur des théâtres de crise à l'étranger. Après avoir ébauché l'architecture de paix et de sécurité en train de se mettre en place en Afrique, après en avoir dresser un état des lieux de la mise en oeuvre, ce papier illustre la contribution concrète de l'UE dans les domaines de la prévention, de la gestion et de la résolution des conflits en Afrique.

mardi, 19 décembre 2006

Y-a-t-il raison de hurler aux loups?

Le sexe des Noirs est responsable de la famine en Afrique. Voici en substance l’une des phrases et des idées de l’animateur de la chaîne publique française France2 qui ont été à l’origine d’un tollé politico-médiatico-diplomatique observé en France et dans certains pays africains au cours des dernières semaines.

 

Beaucoup se sont émus de ces propos, qui si dans la forme de certains d’entre eux aurait peut être pu trouver meilleure formulation (ce qui en soi n’est pas condamnable), traduisent une certaine réalité des difficultés auxquelles certains pays africains sont confrontes, mais nous y reviendrons.

 

La polémique qui s’en est suivie a surpris quelques personnes qui, au motif d’une certaine vision de la liberté d’expression et d’une cohérence avec les faits, se sont étonnées de cette levée de bouclier.

 

Très vite, les positions de l’animateur ont été qualifiées de « racistes » et « eugéniques ». Il est à ce propos important de préciser que même si les attitudes et pensées racistes sont en général tapissées de ce genre de perceptions et représentations, elles ne traduisent pas nécessairement et systématiquement de racisme chez tous ceux qui les évoquent, les pensent ou les expriment.

A cet effet, autant le plus grand mal serait fait aux personnes et peuples victimes de racisme que de ne pas faire cas et condamner des attitudes généralement définies et assimilées comme tel, autant considérer tous les a priori, idées, préjugés, attitudes (souvent stigmatisant) à l’égard des personnes ou peuples Noirs et Africains ne doivent pas forcement être considérés comme racistes au risque de galvauder une réalité d’un autre genre mais dont la frontière avec d’autres actes, notamment lorsqu’ils mettent en situation deux personnes d’origine différente peut être difficile à distinguer, d’autant plus que les motivations sont le plus souvent impossibles à mettre au jour. De plus, il serait contreproductif pour le combat, celui-là de tous les instants, de longue haleine et encore, malheureusement, pour les temps à venir, contre toutes les formes de racismes et plus particulièrement celui à l’endroit des personnes Noires et Africaines, de systématiquement parler de racisme lorsque quelqu’un prononcerait des paroles ou adopterait une attitude qui ne plairait pas aux Noirs et/ou Africains (ainsi se prononcer contre l’immigration illégale ne serait pas raciste).

L’attention ne doit pas être focalisée que sur les attitudes manifestement racistes. Une attention toute aussi particulière doit être portée à ces idées arrêtées, ces préjugés, cette représentation du Noir et de l’Africain, ceux-là plus répandus au sein des populations occidentales (souvent sans distinction du niveau d’éducation), qui sans être forcement racistes, véhiculent, pérennisent et projettent une image et induit une perception toute aussi néfaste et critiquable que le racisme. Cela est d’autant plus vrai que ces perceptions chercheront tout naturellement à s’affranchir du caractère de préjugés pour s’affirmer comme l’expression d’une réalité, d’une vérité, comme la seule image qui construira (ou du moins influencera) le conscient et surtout le subconscient occidental (pour ne parler que de lui, mais le même constat pas éventuellement être aux autres peuples non Africains et Noirs) et gouvernera ses rapports, relations et interactions avec les personnes et peuples Noirs et Africains. C’est probablement là que se trouve l’origine des interactions très souvent animées par de la condescendance.

C’est en cela que les propos de l’animateur dont il est question peuvent être critiques. Cet homme n’est probablement pas raciste comme il s’en est défendu; il ressent très certainement de la compassion pour ces populations qui souffrent de famine et de pauvreté et est animé de sentiments humanistes; toutefois, ses propos et ses conclusions ne sauraient être considérés comme faisant référence car, comme certains l’ont avancé, les causes de la famine et de la pauvreté en Afrique semblent plus complexes que la simple prétendue « hyperactivité du sexe des Noirs », qui trouverait dans les taux de natalité relativement élevés observés en Afrique comparativement à d’autres régions du monde sa cause.

Tout se passe comme si lorsqu’il s’agit de l’Afrique, le bon sens (qui serait, semble-t-il, la chose du monde la mieux partagée), l’esprit scientifique et critique disparaitraient pour céder la place a la légèreté et aux émotions les plus primaires (fussent-ils souvent positifs) comme si cette partie du monde sortait de la sphère de l’humanité ou des réalités humaines qui, dans d’autres régions du monde, semblent être traitées avec moins de légèreté.

Tout le monde doit jouir de la liberté d’exprimer ses points de vue sur le sujet de son choix, mais les idées arrêtées qui ont longtemps desservies les Noirs et Africains se doivent d’être rectifiées dans une ère où le dialogue entre les peuples et les civilisations (et qui dit dialogue dit connaissance mutuelle et non forcément a priori mutuel. Et cet impératif vaut dans les deux sens) est plus que jamais nécessaires.

La démographie en Afrique n’est pas la cause de la pauvreté ou de la famine en Afrique, elles ont des causes plus complexes. Toutefois, la démographie fait apparaître les problèmes lies au sous-développement et à la pauvreté (manque de croissance soutenue, mauvaise gouvernance, etc.) sous un jour plus dramatique car les populations s’appauvrissent, leur pouvoir d’achat fond comme beurre au soleil tropical, l’Etat n’a pas les moyens ou l’efficacité nécessaire (problème de transparence) pour faire face aux défis (prévention des catastrophes naturelles, déficits agricoles et problèmes de nutrition, gestion des crises alimentaires, etc.) de la sécurité alimentaire, etc. Il ne s’agit pas de confondre les conséquences (qui elles sont facilement observables et appréhendables) aux causes qui elles sont plus complexes.

Dans un tout autre ordre d’idée et en extrapolant la réflexion, il n’est pas inutile de revenir sur ces idées d’un certain temps (mais ont-elles vraiment fait leur temps?) qui veulent que les Noirs soient guidés par leurs instincts primaires, presqu’animaux. Ainsi, c’est dans le même ordre d’idée que ce serait développé des légendes sur le sexe surdimensionné des Noirs (que Serge Bile a analysé dans son ouvrage intitulé la légende du sexe surdimensionné des Noirs) qui ne serait que le pendant physique d’une philosophie et religion visant à inférioriser et à leur nier leur humanité aux peuples Noirs qui ne seraient que le chainon entre le singe et « l’homme blanc », dernier avatar de l’évolution. Toutefois, ceci n’était qu’une extrapolation qui n’a rien à voir avec le débat actuel sur les propos de l’animateur ; il doit être clair que nous ne l’accusons de rien de tout cela.

Pour revenir à notre propos, les idées simplistes exprimées ou pensées (du fait qu’elles ne traduisent pas toujours la complexité des situations) à tout vent en ce qui concerne la situation en Afrique et les réalités qui l’habitent constituent des questions toute aussi nécessaires à régler que le racisme.

Alors, que le Gouvernement nigérien ait annoncé son intention de poursuivre l’animateur Pascal Sevran pour propos « on ne peut plus racistes et qui font l’éloge de l’eugénisme » pour avoir écrit que le taux de natalité au Niger, l’un des plus élevé d’Afrique, est un crime dans l’un des pays les plus pauvres de la planète constitue une réaction peut être excessive et faisant peu cas du fait que cette perception semble répandue dans les mentalités occidentales, ôter ce genre de perception de l’esprit et du subconscient des Occidentaux ne se fera pas aussi facilement ; les idées préconçues ayant la peau dure, il en faudrait sans cesse plus.