samedi, 16 août 2008

Les médias internationaux sont-ils objectifs sur le bras de fer entre la Géorgie à la Russie?

Depuis le 8 août et le début de la guerre opposant dans un premier temps la Géorgie à sa région sécessioniste d'Ossétie du Sud et plus tard l'entrée en jeu du de la Russie, on a entendu, lu et vu des reportages et analyses essayant de décrypter la situation actuelle et d'en présenter les tenants et aboutissants. Voici une autre perspective sur le sujet afin que chacun se fasse son idée...

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« Saakashvili a commis une grave erreur politique »
Interview à Giulietto Chiesa
 
Par Antolla Maronne
 
Le 15 août 2008
 
Liberazion
 

La Russie a agressé la Georgie. C’est ce que dit le président Saakashvili, ainsi que les nouvelles qui nous arrivent. Mais Giulietto Chiesa, qui connaît très bien la Russie, son histoire, celle d’un empire qui s’appelait Urss, nie résolument. Il était en Ossétie cette année, où il a de nombreux amis, et suit tous les jours les journaux télévisés russes.

 

Sommes-nous devant l’énième bourrasque médiatique ? Quelque chose qui rappelle  les tristes armes de destruction de masse « découvertes » en Irak ?

 

« Cette information est fausse, on ne doit pas y croire. Les Russes n’ont rien occupé du tout, ils se sont  postés sur la ligne de l’accord de 1992 de Dagomys et ils n’ont aucune intention de sortir de ces positions là.

 

Que se passe-t-il alors ?

 

 Comme les Georgiens continuent à bombarder les centres d’Ossétie du Sud, les Russes évidemment doivent empêcher ces bombardements et ils iront survoler les points de concentration des troupes géorgiennes en dehors de la frontière d’Ossétie du Sud. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. Il s’agit ici d’une guerre déclarée contre une population de moins de 100 mille habitants, attaqués de sang froid. Fait absolument inexplicable si ce n’est par une opération  politique de provocation.

 

Provocation dans quel objectif ? Et pourquoi maintenant ? Suite

samedi, 09 août 2008

Interview d'un des auteurs du putsch en Mauritanie

Mohamed Ould Abdelaziz, l'un des principaux auteurs du coup d'état récemment survenu en Mauritanie évoque dans une  interview les raisons qui ont poussé, selon lui, à ce putsch. Il en ressort qu'ils, lui et les autres auteurs, se présentent comme des sauveurs de la démocratie et de l'état de droit dans ce pays... Le coup d'état comme nouvel instrument de promotion et de protection de la démocratie, de la stabilité politique et de l'état de droit... Si dans le principe cette conception est contradictoire, dans certains contextes on en arriverait presque à se demander si cela ne mériterait pas d'être creusé...

Lire un extrait de l'interview accordé par le Général Mohamed ould Abdel Aziz, chef de la junte, au magazine Jeune Afrique

Lire l'interview accordé à RFI par le Général Mohamed ould Abdel Aziz, chef de la junte

vendredi, 08 août 2008

Le Darfour est-il trahi par la communauté internationale?

Au cours de ces derniers jours qui ont notamment coïncidé avec le premier anniversaire de la Résolution 1769 du Conseil de Sécurité de l'ONU autorisant le déploiement de la Mission conjointe ONU-UA au Darfour (UNAMID) et le renouvellement de son mandat pour une année supplémentaire, avec la volonté du Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) de poursuivre le Président Soudanais, Omar El-Bashir, pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, et dans la perspective du début, aujourd'hui 8 août, des Jeux Olympiques de Pékin (Chine) avec la volonté de profiter du fait que le pays organisateur, réputé être l'un des principaux soutien du Soudan, au sein du Conseil de sécurité de l'ONU notamment, soit au centre de l'actualité mondiale, le Darfour est revenue en première place sur l'agenda international.

La mobilisation internationale que le drame humanitaire qui se déroule au Darfour depuis 2003, avec la création de coalitions, d'organisations et de mouvements citoyens dans plusieurs pays du monde*, l'organisation de campagnes de sensibilisation qui ont vu l'implication de 34651a287bcc6c68c18741c7e7f7501f.jpgstars internationales, de nombreuses initiatives diplomatiques avec notamment la tenue de conférences et rencontres internationales (en France et en Libye notamment) et la nomination de deux médiateurs conjoints, l'un pour le compte de l'ONU, Jan Eliasson, et l'autre pour celui de l'Union Africaine (UA), Salim  Ahmed Salim, à qui s'est récemment joint Djibril Yipènè Bassolé, en qualité de médiateur conjoint ONU-UA, et l'établissement de la Mission conjointe, ONU-UA, de maintien de la paix au Darfour, l'UNAMID, attestait semble-t-il d'un engagement sèrieux et durable de la communauté internationale.

Ainsi, l'UNAMID, après de nombreuses difficultés (principalement techniques et politiques), causées notamment par les obstacles posés par les autorités Soudanaises et la nécessité de marchander sur les termes et les conditions de son établissement, a pris le relai de la Mission de l'UA au Soudan (AMIS) en janvier de cette année. Toutefois, il était clair dès le début qu'à elle seule, l'établissement de cette mission de maintien de la paix ne pouvait 14d8f538eff7ce35024bc114a3199905.jpg stabiliser la situation et qu'une solution politique entre les différents protagonistes devant passer par des négociations de paix inclusives étaient plus que nécessaire; domaine dans lequel peu d'avancées sont à noter jusqu'à présent.

Pour en revenir à l'UNAMID, il semble que sa mise en oeuvre traîne le pas, rendant la situation sur le terrain, et pour la force et pour les populations qu'elle est supposée protéger, encore plus incertaine et précaire. L'UNAMID n'en est qu'à environ 40% de son déploiement avec, sur les 26.000 soldats, policiers et personnels qui sont sensés la constituer, moins de 10.000 actuellement sur le terrain. Aussi, la force ne semble pas disposer des équipements de transports devant lui assurer tout le soutien logistique et la mobilité nécessaires. C'est notamment le cas de camions pour transporter le matériel de la force de Port Soudan (sur les bords de la Mer Rouge, à l'Est du soudan) à la région du Darfour (à l'Ouest du Soudan), d'ingénieurs et d'unités logistiques spécialisées.

Ainsi, alors que l'UNAMID manque encore de moyens aériens et notamment d'hélicoptères (18 hélicoptères de transport et 4 hélicoptères tactiques) et que les principaux pays qui pourraient en mettre à la disposition de la force semblent pour le moment traîné les pieds, affirmant notamment pour certains ne pas en disposer ou alors pour des raisons politiques que le rapport d'une coalition d'ONGs récemment publié et intitulé Grounded. The International Community’s Betrayal of UNAMID évoque en mettant en lumière ce qui peut s'assimiler à un manque de volonté politique de la part de la communauté internationale et plus particulièrement de certains de ses membres. Le rapport procède ainsi à un état des lieux de la disponibilité en hélicoptères des pays de l'OTAN (organisation qui a déjà dans le passé apporté un soutien logistique dans le cadre du déploiement des troupes de l'AMIS et une assistance technique par le biais de formations apportées à certains personnels de cette mission) et des principaux pays bb91351878cef371e10c9e83f7f4736d.jpgcontributeurs en troupes et matériels de l'ONU.

On apprend ainsi qu'à la différence de la Belgique, du Canada, de l'Estonie, de l'Islande et du Luxembourg qui ne disposent actuellement pas d'hélicoptères répondant aux besoins et spécificités techniques exprimés par l'ONU (en termes de capacité d'emport et de champ d'action), et de l'Allemagne, de la Norvège, et du Royaume Uni qui ne disposent pas du tout d'appareils en surplus, la Bulgarie,  le Danemark, l'Espagne, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Inde, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas, le Pakistan, la Pologne, le Portugal, la République Tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Turquie possèdent bien des appareils qui pourraient être mis à la disposition de l'UNAMID. Et de conclure qu'actuellement l'Espagne, l'Inde, l'Italie, la République Tchèque, la Roumanie et l'Ukraine étaient en position de fournir a priori quatre fois le nombre des hélicoptères nécessaires à l'UNAMID.

Dans le même ordre d'idées, dans un rapport publié le 28 juillet dernier et intitulé Putting People First: The Protection Challenge Facing UNAMID in Darfur, la coalition d'ONGs Darfur Consortium revient sur ce qu'elle assimile a une faillite des leaders mondiaux à tenir les promesses et engagements pris vis-à-vis des populations du Darfour à travers l'établissement de l'UNAMID. Pour se faire, elle évalue l'efficacité de la force UNAMID au cours des six mois qui ont suivi son déploiement en donnant la parole à des Darfouris, experts et travailleurs humanitaires. Il en ressort de son travail un constat déjà évoqué et connu de tous: une force sous-équipée, mal formée, manquant de personnel, avec pour résultat le fait que beaucoup de Darfouris ne se sentent pas plus en sécurité qu'avant l'arrivée de la force.

Cela étant dit, il faut toutefois souligner que si la force de l'UNAMID peut jouer un rôle certain dans la stabilisation et la sécurisation du Darfour, la paix dans cette région ne proviendra pas de l'extérieur et encore moins de la constitution de la meilleure force de maintien de la paix, fut-elle dotée des meilleurs soldats et équipements; ceux-ci ne sauraient être que des moyens et facilitateurs pour y parvenir; c'est là d'ailleurs, faut-il le rappeler, la logique sous-tendant les opérations de paix. Le règlement de la crise du Darfour ne proviendra que de la volonté des différentes parties de réellement vouloir arriver à un règlement négocié; volonté qu'on a de la peine à percevoir et à identifier de part et d'autre de l'échiquier Soudanais.

* Americans Against Darfur Genocide, Collectif Urgence Darfour, Darfur Action Group of South Carolina, Darfur Australia Network, Darfur Call, Darfur Hilfe e.V., Darfur Relief and Documentation Centre, Darfur Union, ENOUGH Project, Italians for Darfur, Japanese for Darfur, Olympic Dream for Darfur, San Francisco Bay Area Darfur Coalition, Save Darfur Coalition, Save Darfur Canada, Sudan Advocacy Action Forum, Team Darfur, etc.

Crédit images: Site de l'UNAMID

mercredi, 06 août 2008

La faillite du "modèle Mauritanien"?

Une fois de plus, et cela pour la troisième fois de son histoire, les militaires ont fait éruption sur la scène politique mauritanienne, donnant raison et du grain à moudre aux sceptiques et à ceux qui nourrissent des doutes quant à la pérennité des avancées et progrès démocratiques sur le continent africain. A ceux-là et aux autres qui pensent que l'organisation réussie d'une élection à elle seule suffit à instaurer la démocratie. L'instauration de la démocratie, comme sa défense sont des entreprises permanentes. Aucune nation, aucun pays, aucun Etat n'est né démocratique; ils le sont tous devenus après s'être mis sur ses rails, après avoir renforcés les mécanismes concourant à sa sauvegarde et à son renouvellement permanent. Ainsi, il était clair que le cheminement de la Mauritanie, comme celui des autres pays sur la voie de la démocratisation, est un parcours de longue haleine où rien ne doit être considéré comme acquis.
 
Dans un précédent post ("Le "modèle" Mauritanien"), à l'issu d'un processus remarquable et salué par tous qui avait conduit ce pays sur la voie d'un certain nombre de réformes politiques et juridiques avec notamment l'adoption par référendum le 25 juin 2006 d'un nouvelle constitution prévoyant notamment l'instauration d'un régime présidentiel et donnant au Parlement le droit de censurer le gouvernement (paradoxalement, le putsch actuel est semble-t-il parti d'une crise au sein du parlement dont 48 de ses membres ont claqué la porte du parti au pouvoir), la tenue les 19 novembre et 3 décembre 2006 d'élections législatives qui ont doté le pays d'une nouvelle Assemblé et l'élection en mars 2007 de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu depuis l'indépendance du pays en 1960, nous tirions déjà la conclusion que "pour le moment, le cas Mauritanien a encore à faire ses preuves dans le moyen et long terme car le chemin de la démocratisation est un long processus parsemé d'embûches et, malheureusement, souvent de freins et reculs". L'avenir nous a malheureusement semble-t-il donné raison.
 
Alors faut-il conclure à la faillite du "modèle Mauritanien"? Déjà, qualifier le parcours Mauritanien qui avait "nécessité" le passage par un coup d'état (celui du 3 août 2005) de "modèle" nous semblait déjà à l'époque (voir "Putsch en Mauritanie") une dangereuse approche ; alors au vu des rebondissements et développements survenus aujourd’hui, il semble que l’histoire se répète, ce qui renforce notre certitude dans le fait que le chemin de la démocratisation en Afrique, plus que partout ailleurs, est un long processus parsemé d'embûches et, malheureusement, souvent de freins et reculs ; dans ce domaine, il n’y pas d’acquis ; une élection, aussi ouverte, transparente et démocratique soit-elle et une alternance politique, s’ils constituent des étapes importantes à emprunter sur la voie de l’instauration de la démocratie, n’en constituent pas forcément la marque indélébile de leur adhésion dans le cercle des nations qualifiées de démocratiques, encore faudrait-il qu’une culture et des pratiques démocratiques durables et éprouvées dans le temps et par les épreuves l’illustrent. Le chemin est long, la patience et la persévérance sont donc de mises. Cela n’empêche la nécessaire intransigeance dont il faut faire preuve face au recours aux coups d’état.

jeudi, 06 décembre 2007

Quoi de neuf au Darfour?

d0ad42be97874cadb63cbac8feaec45d.jpgL'actualité concernant le Darfour a été assez riche ces dernières semaines avec un certain nombre de faits marquants. C'est ainsi qu'en plus de la série de documentaires intitulée "L'enfer brûle toujours au Darfour" diffusés le 4 décembre dernier et rediffusés le 6 décembre à partir de 9h55 sur Arte, l'International Crisis Group (ICG) a publié le 26 novembre un rapport intitulé "Darfur's New Security Reality", suivi le 27 novembre par une réunion publique (1) au Conseil de sécurité de l'ONU qui s'est tenu autour du Rapport du Secrétaire-général de l'ONU sur le déploiement de l'Opération hybride ONU-UA au Darfour. A l'occasion de cette réunion, le Conseil a entendu des présentations faites par Jan Eliasson, Envoyé Spécial du SG de l'ONU, et Jean-Marie Guéhenno,  Sous-Secrétaire Général en charge des Opérations de maintien de la paix, qui ont dressé un état des lieux du processus politique et notamment des négociations et efforts de paix (sous les auspices de l'UA et de l'ONU) en oeuvre depuis leur lancement le 27 octobre 2007 à Syrte (Libye) entre les principaux rebelles du Darfour et le Gouvernement Soudanais et des difficultés liées au déploiement de la Force hybride ONU-UA au Darfour (UNAMID).

De ces récents évènements, il en ressort un certain nombre de faits portant sur les situations humanitaire et sécuritaire et sur le déploiement de la Force hybride. Ainsi, il a été fait état de confrontations qui se sont multipliées entre les différentes parties, faisant de l'environnement sécuritaire et du niveau de violence dans certaines régions du Darfour un facteur de préoccupations croissant, ayant pour corollaire de réduire les possibilités d'accès des agences humanitaires aux populations nécessitant une assistance diverse (personnes déplacées et réfugiées) et de contribuer de ce fait à la détérioration de la situation humanitaire. A titre d'illustration, en octobre seulement, plus de 30.000 civils ont été déplacés par des confrontations entre les Forces gouvernementales et des groupes rebelles non signataires de l'Accord signé en mai 2005 et entre différents mouvements rebelles. Dans le même temps, sept travailleurs humanitaires Soudanais ont été tués au Darfour.

Concernant toujours la situation sécuritaire, de nombreux conflits intertribaux portant sur l'accès aux sources d'eau et sur le foncier seraient en train de se développer. De plus, les camps de personnes déplacées seraient le lieu de tensions croissantes, du fait notamment de raids des forces gouvernementales et de la circulation d'armes. Des tensions similaires gagneraient également les populations Arabes de cette région; tensions qui menacent de s'étendre à la région du Kordofan, voisine de celle du Darfour (2).

En ce qui concerne  la Force hybride, ce n'est véritablement plus un secret que sa constitution et forcément son déploiement connaissent depuis ces derniers mois des difficultés particulières relatives au recrutement de certaines de ses composantes et à l'acquisition de certains matériels tactiques nécessaires pour permettre à la Force de remplir son mandat de manière efficiente et effective, de disposer de toute la crédibilité nécessaire et d'éviter de ce fait, comme le dit Jean-Marie Guéhenno, toute situation d'humiliation qui aurait des conséquences négatives pour l'avenir des opérations de maintien de la paix. Aux dires de Jean-Marie Guéhenno, les principaux défis auxquels est confrontée la mise en oeuvre de cette Force se résument aux trois éléments suivants: la génération de la Force, l'identification finale de la composition de la Force et les questions bureaucratiques relatives notamment aux autorisations et accords entre le Gouvernement Soudanais et la Mission et principalement à l'accord sur le statut des forces de la Mission.

La génération de éléments de la Force bute notamment sur le refus des autorités soudanaises du déploiement de soldats spécialisés en provenance de certains pays tels que des ingénieurs norvégiens et des forces spéciales thaïlandaises, évoquant, comme un dogme, le caractère Africain -reconnu et accepté par plusieurs résolutions de l'ONU- qui doit caractériser cette Force. Concernant la position soudanaise, il serait intéressant d'écouter les explications du Représentant Permanent du soudan aux Nations Unies, l'Ambassadeur Abdalmahmood Abdalhaleem Mohamad.

Pour ce qui est du volet matériel, à quelques semaines de ce qui doit marquer le transfert d'autorité de la Mission de l'UA au Soudan (AMIS) à l'UNAMID et par conséquent le début son mandat, l'UNAMID ne dispose toujours pas des capacités de mobilité critiques pour opérer sur un territoire aussi grand que celui du Darfour. Il s'agit notamment d'unités de transports et de logistiques qui doivent être constituées de 18 hélicoptères et d'unités tactiques qui devront être constituées de 6 hélicoptères.

Ce sont donc là les principales informations qui ressortent notamment des briefings de Jan Eliasson et de Jean-Marie Guéhenno au Conseil de sécurité de l'ONU. Le Gouvernement de Khartoum a bien sûr été vivement accusé de continuer à recourir à des tactiques dilatoires et à ériger un certain nombre d'obstacles dans la mise en oeuvre effective de la force hybride et de ne pas coopérer suffisamment avec l'ONU et l'UA dans ce domaine; chose que réfute bien entendu le Soudan en affirmant avoir respecter tous ses engagements et fourni les terrains, les services et la logistique nécessaires. Il faut également mentionner les réelles difficultés auxquelles est confronté le Département des Opérations de maintien de la paix pour rassembler les moyens aériens de la Force et notamment le peu d'empressement -qui n'est pas nouveau, rappelons le désengagement progressif des pays occidentaux des terrains de maintien de la paix Africains- des pays qui disposent de ces moyens.

Une chose est sûre, tous les aspects concernant la gestion et la résolution de la crise au Darfour se caractérisent par des progrès limités et de nombreux obstacles. Il est également clair que si les difficultés relatives à la mise en oeuvre de la Force hybride ONU-UA ne trouvent pas de solutions d'ici le 1 janvier 2008, date à partir de laquelle elle est supposée prendre le relai de la Mission de l'Union Africaine au Soudant (AMIS) et débuter ses opérations, avec plus principalement le déploiement de toutes ses composantes, hommes et matériels, aérienne notamment, et principalement d'une partie substantielle de la force susceptible de la faire disposer de toutes les capacités nécessaires dans ce contexte particulièrement difficile et exigeant qu'est le Darfour, l'espérance des populations du Darfour sera quelque peu déçue. Or, il est déjà clair que l'UNAMID mettra plus de temps à se mettre en place, avec pour corollaire un risque pour la situation au Darfour de ne pas se stabiliser et la continuation des souffrances des déplacés et réfugiés et plus généralement des populations du Darfour.

Précédentes notes sur le Darfour

Cette note est également publiée sur Multipol

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1. Il est également possible de voir la séance du Conseil de sécurité de l'ONU en cliquant ici.

2. Voir le Rapport de l'ICG.

dimanche, 04 novembre 2007

La Coupe du Monde de Football 2018 en Israël et Palestine?

8df77a0e923b27454372935d7646bc83.pngLa Coupe du monde de Football 2018 en Israël et en Palestine... C'est le projet sérieux mis en oeuvre et promu par le mouvement OneVoice dont l'objectif est d'amplifier la voix de l'immense majorité d'Israéliens et Palestiniens modérés qui souhaitent la fin du conflit Israélo-palestinien. Le mouvement OneVoice travaille depuis 2002 pour aller au-delà des oppositions "droite-gauche" et la logique "Israélien contre Palestinien" et pour démontrer que la "majorité de modérés" peut l'emporter sur une "minorité d'extrémistes".

Outre le soutien de la part des Associations Israélienne et Palestinienne de Football, cette campagne bénéficie également du soutien du Brésil qui vient déjà de remporter la candidature pour l'organisation de l'évènement en 2010. De plus, l'Union Européenne, les Etats-Unis et la Ligue Arabe ont annoncé qu'ils allaient conjointement contribuer à hauteur de deux (2) millions de dollars pour aider Israël et la Palestine à construire les infrastructures nécessaires pour abriter cette Coupe.

Bien entendu, au-delà de la dimension et de l'intérêt sportif que représente cette candidature, la dimension symbolique qui l'entoure est certainement le fait le plus important; dimension s'inscrivant dans le mouvement pacifiste animé et soutenu par un certain nombre d'acteurs des sociétés civiles israélienne, palestinienne et mondiale. Le mouvement OneVoice nourri le rêve que ce projet se réalise, persuadé que "seule une vision positive de long terme pour cette région troublée peut constituer un changement fondamental".

vendredi, 12 octobre 2007

Les sociétés de sécurité privées en débat

La question des sociétés de sécurité privées, des sociétés militaires privées, de l'externalisation et de la privatisation de la guerre est revenue à la une de l'actualité avec les accidents et bavures ayant impliqués certains employés de la société américaine Blackwater. La polémique vient entre autre du fait que ces sociétés privées évoluent dans un cadre juridique flou, voire inexistant, en vertu notamment des règles régissant la conduite de la guerre, établies par les Conventions de Genève; il se pose également la question de savoir à qui ces sociétés, et singulièrement la société Blackwater, rendent des comptes. Le manque de transparence au sujet de leurs activités, vis-à-vis notamment du Congrès américain a été soulevé par un certain nombre de membres de la Chambre des Représentants et du Sénat.

Les deux éléments audio ci-dessous reviennent sur les enjeux de la privatisation et/ou de l'externalisation de certaines tâches et fonctions liées à la conduite des opérations militaires ou de sécurité dans le cadre d'environnements de guerre ou de conflit. Ils devraient éclairer davantage sur cette problématique.

Le premier élément représente l'émission "Les visiteurs du monde", diffusée le 11 octobre 2007 sur Radio France Internationale (RFI) et traitant des "Sociétés militaires privées".


podcast

Le second élément est également une émission de RFI, "Rivages", du 25 septembre 2005 sur les "Sociétés de sécurité privées".


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Au cas où le débit vocal du premier élément sonore n'est pas normal, cliquez directement sur "Podcast".